Fribourg: Apprendre tôt les langues: vraiment efficace?
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FribourgApprendre tôt les langues: vraiment efficace?

En plein débat sur la place du français et de l'allemand à l'école primaire, une étude fribourgeoise relativise l'efficacité de l'enseignement précoce des langues.

«Les principes cognitifs généraux s'améliorent avec l'âge. Les élèves les plus jeunes sont plus lents pour apprendre les structures», explique la linguiste Amelia Lambelet dans une interview parue jeudi dans le journal «Le Temps». Elle est coauteur d'une analyse publiée cette semaine par l'Institut du plurilinguisme de Fribourg, qui a examiné des dizaines d'études parues dans le monde depuis les années 1970.

Ainsi, après 200 heures d'enseignement, un enfant plus jeune en saura moins qu'un enfant plus âgé. Ce n'est qu'après beaucoup d'heures de contact avec la langue que cet avantage commence à se résorber progressivement.

Autres avantages

Dans le débat actuel, on confond souvent la vitesse de l'apprentissage et le niveau qu'on atteint, de même que le contexte (école ou hors école), observe la linguiste. «Il faut relativiser le facteur de l'âge dans l'enseignement des langues. Il a été largement surestimé, alors que ce n'est ni le seul, ni le plus important.»

La spécialiste souligne qu'il existe beaucoup d'autres raisons pour favoriser un enseignement précoce. «Elles tiennent à la symbolique, à la cohésion nationale, aux avantages d'une sensibilisation culturelle précoce, à la tendance pratiquée dans toute l'Europe.»

Pas de surcharge

Pour une écrasante majorité des Suisses romands, les langues à l'école ne sont pas une surcharge, contrairement à l'argument invoqué par certains cantons alémaniques: 91% d'entre eux considèrent que l'apprentissage des langues est un enrichissement, selon un sondage M.I.S Trend paru jeudi dans «L'Hebdo».

En revanche, l'enseignement de l'allemand est perçu comme défaillant. Les cours reçus à l'école ne permettent «pas vraiment bien» (51%) voire «pas bien du tout» (16%) de se débrouiller outre-Sarine. Seul un petit tiers estime s'en tirer.

«Schwizerdütsch»

Un Romand sur deux (50%) souhaite des cours de suisse allemand à l'école. Un camp de même ampleur considère toutefois que l'allemand devrait suffire.

Pour plus de trois quarts (76%) des Romands, l'abandon du français dans certaines classes primaires de Suisse alémanique lèse la cohésion nationale. Quant à l'anglais, deux tiers (66%) pensent que les Suisses ne devraient pas se parler dans cette langue.

Le sondage a été réalisé par M.I.S Trend pour le compte de l'association Défense du français, qui fête ses 10 ans. Il a été effectué entre le 10 et le 14 juin. Au total, 1103 Romands âgés d'au moins 15 ans ont répondu à un questionnaire sur internet. (ats)

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