Collonge-Bellerive (GE): Après avoir été «le chien» de sa femme, il la tue
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Collonge-Bellerive (GE)Après avoir été «le chien» de sa femme, il la tue

Le Tribunal criminel genevois juge un agent de sécurité valaisan qui a tué en 2015 son épouse, une ex-escort russe.

par
Jérôme Faas
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Les faits se sont produits au 1er étage d'une maison de la route d'Hermance, en retrait de l'artère principale, derrière la banque Raiffeisen. Plusieurs témoins ont signalé un important déploiement policier aux alentours de 18 heures. Un hélicoptère a par ailleurs été engagé.

Les faits se sont produits au 1er étage d'une maison de la route d'Hermance, en retrait de l'artère principale, derrière la banque Raiffeisen. Plusieurs témoins ont signalé un important déploiement policier aux alentours de 18 heures. Un hélicoptère a par ailleurs été engagé.

Lecteur reporter
Le père de famille a été arrêté. Selon une riveraine, les forces de l'ordre auraient éprouvé d'importantes difficultés à le maîtriser.

Le père de famille a été arrêté. Selon une riveraine, les forces de l'ordre auraient éprouvé d'importantes difficultés à le maîtriser.

Keystone/Salvatore di Nolfi
L'enfant du couple n'était pas présent au moment des faits: il était à la montagne avec ses grands-parents. Une habitante croit savoir que c'est la garde de cette fillette qui aurait été à l'origine du drame.

L'enfant du couple n'était pas présent au moment des faits: il était à la montagne avec ses grands-parents. Une habitante croit savoir que c'est la garde de cette fillette qui aurait été à l'origine du drame.

Keystone/Salvatore di Nolfi

«Je l'aimais et je l'aime toujours.» L'accusé a tué sa femme de trois balles, en avril 2015 (lire encadré), mais porte toujours son alliance. La victime, au contraire, parlait de divorce depuis 2008 au moins. Cette trentenaire russe méprisait son mari, rencontré en 2002 dans un cabaret où elle officiait. Elle le voyait comme «un idiot, un moins-que-rien», explique-t-il, ce qu'attestent différents témoignages passés et récents. Elle le trompait. Mais rien n'y faisait: «Malgré cette haine qu'elle avait pour moi, j'étais toujours amoureux. Je sais, vous pouvez dire que j'étais un couillon. Tuer, c'était la seule solution que j'avais trouvée pour ne pas me séparer, puisque les cadeaux et les excuses (ndlr: d'être celui qu'il était) ne marchaient pas.»

Face aux juges, cet agent de sécurité valaisan de 44 ans, passionné d'armes à feu (il en possédait sans droit plus de vingt), paraît dépourvu d'estime de soi. «Je pensais faire plaisir à mon épouse en lui disant que j'étais son chien.» Il n'avait jamais eu de relation autre que tarifée avant de la rencontrer, à un moment où elle avait besoin de papiers.

Le jour fatal, le couple s'est disputé. Elle voulait partir. Il a été question de leur fille, née en 2007. Il y a eu des mots «insupportables, cruels», dont il ne peut ou veut se souvenir. Il a pris une arme «pour lui faire peur». «Je voulais lui montrer que j'étais à bout, mais elle n'a même pas réagi.» Il a tiré. Puis il a appelé le 144, «pour qu'on sauve ma femme». Trop tard. Le procès continue.

Deux versions des faits divergentes

Le drame s'est déroulé le 3 avril 2015 vers 18h, au domicile familial, à Collonge-Bellerive. Le meurtrier venait de chez sa mère, en Valais, où sa fille était restée. Après une dispute, l'homme a pris un pistolet dans son coffre-fort. Selon le Parquet, il l'a muni d'un silencieux, a tiré deux fois dans le thorax de sa femme, puis l'a achevée au sol dans la tête. La version du tueur diffère: selon lui, le silencieux était déjà là, il a tiré trois coups «sans viser» et «jamais quand elle était à terre».

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