Guerre en Ukraine: La Suisse prend de nouvelles sanctions et «n’a pas à en rougir»

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Guerre en UkraineLa Suisse prend de nouvelles sanctions et «n’a pas à en rougir»

Le Conseil fédéral a décidé de s’aligner sur le nouveau paquet de sanctions européennes et répond aux critiques contre leur application.

par
Yannick Weber
Guy Parmelin assure que la Confédération fait son travail pour l’application des sanctions.

Guy Parmelin assure que la Confédération fait son travail pour l’application des sanctions.

20min/Simon Glauser

Fini la vodka russe, fini le caviar russe en Suisse. Le Conseil fédéral a décidé mercredi de reprendre le dernier paquet de sanctions européennes contre la Russie et le Bélarus. Il parle dans son communiqué de «signes évidents d’atrocités commises dans la localité de Boutcha» et durcit en conséquence sa politique. 

Le paquet de sanctions concerne notamment des interdictions d’importation de charbon «et d’autres biens représentant une source de revenus importante pour la Russie comme le bois, le ciment, les produits de la mer, la vodka, etc.» Il sera aussi interdit d’exporter du kérosène «et d’autres bien susceptibles de contribuer au renforcement des capacités industrielles de la Russie comme les robots industriels ou certains produits chimiques».

Agacé par les critiques

En réaction aux reproches selon lesquels la Suisse serait passive dans l’application des sanctions, le conseiller fédéral a montré une pointe d’agacement. «Il y a des États qui annoncent des sanctions, et il y a des États qui les appliquent», a-t-il dit, suggérant que la Suisse appartenait bien sûr à la deuxième catégorie, peut-être plus discrète dans les discours que dans le travail. «C’est très intéressant de regarder comment ça s’applique, y compris dans l’Union européenne… De notre côté, nous n’avons pas à en rougir», a-t-il taclé.

Impact variable sur la Suisse

Guy Parmelin a indiqué que 0,6% des exportations suisses de kérozène partaient en direction de la Russie et que les sanctions auraient donc un impact «négligeable» sur les acteurs économiques suisses. En revanche, pour la catégorie des biens qui peuvent «renforcer les capacités industrielles russes», il reconnaît que quelques entreprises suisses très spécialisées pourraient être impactées de façon «disproportionnée». 

Quant aux importations de charbon notamment, la Suisse est peu dépendante de la Russie. De manière générale, les interdictions d’importation ne devraient pas avoir d’impact important sur l’économie suisse.

Les filles de Poutine visées

De nouvelles personnalités sont soumises aux sanctions financières. Il s’agit de 217 personnes et 18 entités économiques «issues des milieux politiques et économiques, actives dans le domaine militaire ou de la communication et de la propagande, ou font partie des cercles d’oligarques ou de la famille de ceux-ci». Par exemple, les deux filles de Vladimir Poutine figurent sur la liste. Il y a aussi plus de 100 personnes membres des parlements des régions autonomes autoproclamées de Donetsk et de Lougansk. 

Mettre fin à la guerre?

«C’est le futur qui nous le dira», a répondu Guy Parmelin à la question de savoir si les sanctions à répétition auront un quelconque impact sur une possible fin de la guerre, qui est le but recherché. «Ni le Conseil fédéral ni moi ne pouvons le dire», a-t-il dit, rappelant qu’à chaque paquet de sanctions de l’Union européenne, le gouvernement décide s’il faut s’aligner ou non. Il le fait sur le principe, mais décide à chaque fois au cas par cas.

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