Attaque de Nairobi: Après l'assaut, le trou béant dans le Westgate

Actualisé

Attaque de NairobiAprès l'assaut, le trou béant dans le Westgate

Les premières images du Westgate Mall après quatre jours de siège laissent apparaître un gouffre béant. Les otages expliquent que les terroristes ont égorgé certaines victimes.

par
cga

Dans le centre commercial toujours interdit à la presse, les secouristes et les enquêteurs continuaient jeudi de fouiller le bâtiment dévasté d'où s'élevaient toujours de fines volutes de fumée. Un tiers du toit servant de parking avait cédé mardi après un incendie, la chute de tonnes de béton faisant s'effondrer trois étages sous les carcasses de véhicules carbonisées.

L'effondrement s'est produit lorsque les troupes gouvernementales ont lancé un assaut massif contre les Shebab. Au cours de la fusillade, les terroristes auraient égorgé jusqu'aux oreilles les otages retenus. Les corps auraient été jetés depuis le 3e étage, où se cachait les terroristes, selon le «Daily Mail».

Cinq terroristes tués

Après presque 80 heures de carnage, le président kényan Uhuru Kenyatta avait annoncé mardi soir la fin du siège du Westgate et un bilan dramatique: au moins 61 civils tués, ainsi que six membres des forces de sécurité, et quelque 240 blessés. Cinq assaillants ont été tués, et onze suspects sont en détention.

La police a précisé que le bilan était provisoire. La Croix-Rouge a compté 61 disparus selon un nouveau bilan (contre 71 auparavant), dont certains, ainsi que des assaillants, pourraient se trouver ensevelis sous les gravats.

Se voulant rassurant, le ministre de l'Intérieur Joseph Ole Lenku a affirmé qu'il ne reste que peu de corps dans les ruines noircies par les flammes, parsemées de débris indistincts. Ces déclarations ont été accueillies avec scepticisme par la presse et les réseaux sociaux kényans.

Où sont les otages secourus?

Le quotidien «Daily Nation» estimait jeudi qu'«il y a un gros problème sur le nombre d'otages qui pourraient avoir été tués dans les échanges de tirs» entre assaillants et forces de l'ordre «et dans l'effondrement des étages». Et sur Twitter, les questions fusaient, comme: «Si des otages ont été secourus, où sont-ils?»

Le leader des shebab, Ahmed Abdi Godane, a déclaré mercredi soir que le carnage était «un message» au Kenya, dont les troupes combattent depuis fin 2011 les insurgés en Somalie dans le cadre d'une force de l'Union africaine, et «aux Occidentaux qui ont soutenu l'invasion kényane» et la financent. «Retirez vos troupes (...) ou attendez-vous à d'autres bains de sang», a-t-il menacé.

Les shebab ont en tout cas réussi à créer la peur dans toute la région. L'Ouganda, qui compte le plus gros contingent de la force africaine en Somalie et qui a déjà été frappé par un attentat sanglant des shebab en 2010, s'est déclaré jeudi en «état d'alerte». Au Burundi, la population craint d'être leur prochaine cible et nombreux sont ceux qui demandent le retrait du contingent envoyé en Somalie.

Encore au moins une semaine d'enquête

Des enquêteurs de plusieurs pays - Royaume-Uni, Etats-Unis, Israël, Allemagne, Canada - et d'Interpol participent à l'enquête sur le site du Westgate, où les démineurs ont procédé à au moins une explosion contrôlée, selon un photographe de l'AFP.

Selon le ministre de l'Intérieur, l'enquête «durera au moins une semaine». Outre le nombre de victimes, l'identité des assaillants reste controversée, certaines sources évoquant des Américains ou des Britanniques parmi eux. (cga/afp)

Ton opinion