Actualisé 12.01.2010 à 18:06

Piraterie

Après l'attaque d'un cargo suisse, pas de sécurité renforcée

Malgré l'attaque d'un cargo suisse, le «Turicum», par des pirates dans l'océan Indien mercredi dernier, l'Office suisse de la navigation maritime et l'armateur concerné ne voient pas la nécessité de prendre des mesures de sécurité supplémentaires.

«Ces dernières années, plusieurs attaques pires que celle-ci ont été perpétrées contre des cargos suisses, par exemple au large des côtes de l'Afrique de l'ouest», a rappelé Lukas Roth de l'Office suisse de la navigation maritime (OFSM), interrogé par l'ATS. Il y avait eu des blessés, alors que l'attaque contre le Turicum n'en a pas causé.

Cet incident est en fait une «poursuite» plutôt qu'une «attaque», a pour sa part nuancé le président du conseil d'administration de Shipinvest, à qui appartient l'armateur Zurich.

Dans un communiqué diffusé mardi, ce dernier explique que grâce à diverses manoeuvres d'esquive, le capitaine du Turicum a empêché les pirates de s'approcher à moins de 7 milles (13 kilomètres) du navire. Les pirates ont abandonné leur traque après plusieurs heures.

Autres mers infestées

L'attaque a eu lieu à environ 1600 kilomètres à l'est des côtes somaliennes, soit en dehors de la zone couverte par la mission européenne de protection contre la piraterie «Atalante».

Que les pirates s'en prennent à des bâteaux navigant aussi loin des côtes est un phénomène nouveau, admet M. Roth. Avant l'apparition de la piraterie organisée vers la Corne de l'Afrique, un cargo était considéré comme en sécurité quand il naviguait à au moins une centaine de kilomètres des côtes. Ce n'est plus le cas, constate-t-il.

La densité des violences a également augmenté. Les pirates somaliens ne sont pas les seuls à menacer la navigation maritime d'enlèvement et de chantage. Ce phénomène se développe aussi dans d'autres régions du monde.

Barbelés et cables électriques

En conséquence, les armateurs suisses ont commencé à renforcer la sécurité de leurs bâteaux. Dans certaines régions, comme dans le détroit de Malacca, en Indonésie, des forces de sécurités armées accompagnent les cargos. Certains navires sont aussi équipés de fils de fer barbelés, voire de cables électriques sensés empêcher les pirates de monter à bord.

La mission «Atalante», mise sur pied par l'Union européenne, apporte elle aussi une sécurité supplémentaire dans le golfe d'Aden et l'océan Indien. Bien qu'elle n'y contribue pas et que la priorité est accordée aux navires de l'ONU et à ceux des pays participant à la mission, la Suisse profite de la protection d'Atalante, affirme M. Roth.

Selon le droit international maritime, tous les navires en position d'aider, sont tenus de le faire si un appel à l'aide a été lancé, explique l'officier maritime Roger Witschi.

Parallèlement à Atalante, d'autres opérations militaires de lutte contre la piraterie sont en place, notamment de la Chine et de l'Inde. Selon M. Witschi, entre 100 et 180 bâtiments militaires sont déployés dans la région. (ats)

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