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ValaisAprès l'héliski, place à l'héliraquette

Dès mi-mars, les pratiquants de raquette à neige pourront se faire héliporter en haute montagne, à 3800 mètres d'altitude. Des pionniers de la discipline s'insurgent.

par
Didier Bender

«En lançant ce nouveau produit, ce qui m'intéresse, c'est de faire découvrir la haute montagne à des gens qui n'auraient pas la possibilité d'y aller autrement». Pierre-André Anzévui est accompagnateur de moyenne montagne aux Haudères. Cet hiver, cet acteur touristique propose aux randonneurs une nouveauté pour le moins étonnante: de l'héliraquette au Pigne d'Arolla (3800m), et ce dès la mi-mars. Jusque-là, seuls les randonneurs ou les pratiquants de l'héliski s'aventuraient là-haut. «A Chamonix, les touristes accompagnés vont bien se promener sur les glaciers», observe-t-il. Sa société montagne-nature, dans le Val d'Hérens, est la première à proposer de l'héliraquette en Valais.

«J'ai senti une envie de la part des gens, c'est pourquoi je me suis décidé à proposer de l'héliraquette», explique l'accompagnateur. En guidant des groupes en dehors des 960 kilomètres de sentiers balisés par Swisssnowshoe, la fédération suisse de la raquette à neige, il a constaté que «les gens apprécient aussi la haute neige.»

Reste la question de la sécurité. Règlement oblige, un guide de haute montagne accompagnera les sorties. «Nous suivrons l'itinéraire d'été durant les cinq heures prévues de la descente», prévient Pierre-André Anzévui. Pour tenter l'aventure, il faut être six personnes minimum. Quant aux prix, ils ne sont pas encore fixés. Mais ils seront proches de ce qui se pratique pour l'héliski.

«Ça va à l'encontre de notre philosophie»

Pour Swisssnowshoe, la raquette à neige n'a rien à faire à de telles altitudes. Cela va à l'encontre du développement des sentiers balisés, l'une des activités de la Fédération. «Ça ne va pas dans le sens de la philosophie défendue par la Fédération», avoue Laurent Buchs, président de Swisssnowshoe. « La montagne, ça se mérite. Pour des sports de glisse comme le ski ou le snowboard, je peux comprendre qu'on se fasse héliporter au sommet d'une montagne. Pas pour pratiquer des raquettes à neige.»

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