Actualisé 17.05.2016 à 15:21

FranceAprès la grippe aviaire, la production reprend

Les canards et les oies commencent progressivement à faire leur retour dans certaines exploitations des 18 départements du Sud-Ouest touchés par la grippe aviaire.

Photo d'illustration.

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photo: AFP

Quatre mois. C'est la durée du vide sanitaire instauré après la grippe aviaire et qui était destiné à éradiquer le virus. Ce temps désormais écoulé, la production dans certaines exploitations peut reprendre doucement.

«On commence à recharger les élevages. On fait ça dans l'ordre chronologique et tous les élevages auront eu en moyenne un vide sanitaire de quatre mois» depuis le 18 janvier, date d'entrée en vigueur de ce processus, a résumé Dominique Graciet, président de la Chambre d'agriculture pour la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC).

En vertu du plan gouvernemental de lutte contre la grippe aviaire, les élevages des 18 départements concernés ont été progressivement vidés depuis cette date, et les derniers canards gras abattus le 2 mai.

Conformément au calendrier, les premières exploitations ont pu recommencer à accueillir des canetons à compter de lundi, à condition d'avoir été complètement vidées de leurs animaux, des déjections, de la paille, etc., puis désinfectées.

«En théorie, les premiers frappés par le vide seront les premiers servis au retour des canetons. Ils sont prioritaires», a expliqué Christophe Mesplède, président du Modef (syndicat des exploitants familiaux) pour les Landes, l'un des principaux départements producteurs de palmipèdes destinés à la fabrication du foie gras.

«Pour les exploitations où il n'y avait pas eu d'euthanasie, il y a eu des contrôles de la Direction des services vétérinaires aléatoires et ces contrôles continuent à être effectués; c'est ce qui détermine si la production peut reprendre. Mais pour les foyers déclarés qui avaient été contraints à effectuer des euthanasies massives, la reprise est soumise à autorisation préfectorale préalable après contrôles sanitaires systématiques», a souligné M. Mesplède.

Processus très lent

«C'est un processus très lent et donc on n'a aucun chiffre pour l'instant (...) C'est beaucoup trop tôt» pour savoir combien d'exploitations ont déjà fait rentrer des canetons, a-t-il estimé. Lui-même producteur de canards «prêts à gaver» pour le foie gras (27.000 têtes par an) à Lesgor (Landes), il ne recevra son premier contingent de canetons, 4.000 têtes, que jeudi 19 mai. 4.000 autres suivront sept semaines plus tard: «C'est le rythme normal», a-t-il précisé.

Selon M. Graciet, également président de l'entreprise agroalimentaire Delpeyrat, «il faut encore compter deux mois à deux mois et demi pour recharger toutes les exploitations», au nombre de 3 à 4.000 dans la région ALPC et qui produisent en moyenne 18 millions de canards par an, sur 38 millions au total en France.

Avec un temps d'élevage de trois mois pour les canards, les premiers abattages ne pourront donc pas intervenir avant la deuxième quinzaine d'août dans le Sud-Ouest.

Importations bulgares

«Mais la réouverture du robinet ne signifie pas la reconquête des parts de marché perdues. Pendant le vide sanitaire, on a eu des importations massives de foies gras (d'Europe) de l'Est, notamment de Bulgarie», a noté M. Mesplède.

Sur les 18 départements touchés en Midi-Pyrénées et ALPC, «il y aura eu un manque à produire de 9 millions de canards pendant les quatre mois de vide sanitaire», soit en valeur «un manque à gagner de 30% des 2 milliards d'euros de chiffre d»affaires annuel réalisé par la filière foie gras«, a précisé M. Graciet.

Vendredi, à l'occasion d'une visite dans les Landes et le Gers, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait indiqué que les premières avances d'indemnisations pour les éleveurs, à hauteur de 50% de l'estimation des pertes, seraient distribuées en mai et juin. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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