Actualisé 07.10.2019 à 08:29

AviationAprès la taxe, des quotas annuels de kilomètres

Un élu vaudois propose que soit instaurée une limitation annuelle des voyages en avion. Les réactions sont plutôt sceptiques.

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Pour certains, la taxe sur les billets n'est pas suffisante.

Pour certains, la taxe sur les billets n'est pas suffisante.

Keystone/Gaetan Bally

Une taxe sur les billets d'avion à peine votée au Conseil des Etats, une nouvelle proposition ciblant le trafic aérien est lancée, à deux semaines des élections. Elle émane du conseiller national Roger Nordmann (PS/VD). Dans la «NZZ am Sonntag», le socialiste préconise l'introduction d'un quota annuel de kilomètres à parcourir au maximum en avion. Une fois la limite atteinte, un voyageur qui voudrait voler encore pourrait acheter son quota à un autre citoyen qui ne l'utiliserait pas.

Distance plutôt que nombre de vols

Car les Suisses sont de très grands utilisateurs de l'avion. En moyenne, ils parcourent chacun environ 9000 km par an dans les airs, près du double du chiffre calculé dans les pays frontaliers. «Ça ne peut pas continuer ainsi», estime Roger Nordmann dans le journal alémanique. Si en Allemagne une proposition verte suggérait de limiter à trois le nombre de voyages aériens par année, le Vaudois préfère parler de kilomètres.

L'idée ne semble pas convaincre les autres partis représentés au Parlement. «On s'éloigne de plus en plus du libre marché et on se rapproche toujours plus du communisme», condamne Christian Imark (UDC/SO). Du côté du PLR, on craint un monstre bureaucratique.

Ecolos divisés

Même les Verts n'ont pas l'air particulièrement convaincus. «Cela voudrait dire que chacun dispose d'un contingent d'émissions pour polluer l'environnement et c'est un mauvais signal. Il faudrait au contraire rapidement arriver à la neutralité complète», juge Regula Rytz, présidente des Verts suisses, pour qui le débat doit d'abord se poursuivre sur les prix des billets. La taxe votée par le Conseil des Etats repassera lors de la prochaine session au Conseil national.

En revanche, l'Association transports et environnement se montre plus ouverte. «C'est une idée intéressante. La taxe sur les billets d'avion ne couvre qu'une partie des coûts climatiques», considère son directeur Anders Gautschi.

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