Iran-Irak: Après le séisme, la crainte du barrage
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Iran-IrakAprès le séisme, la crainte du barrage

Les habitants de Darbandikhan, au Kurdistan irakien, redoutent des répliques du séisme survenu dimanche mais aussi des fissures dans le barrage proche.

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Selon un nouveau bilan, le séisme a fait 433 morts et le nombre de blessés oscillerait entre 7700 et 9400. Des dizaines de milliers de personnes sont contraintes de vivre hors de chez elles, selon l'agence officielle Isna. (16 novembre 2017)

Selon un nouveau bilan, le séisme a fait 433 morts et le nombre de blessés oscillerait entre 7700 et 9400. Des dizaines de milliers de personnes sont contraintes de vivre hors de chez elles, selon l'agence officielle Isna. (16 novembre 2017)

Keystone
L'Iran a mis fin mardi matin aux opérations de secours dans les zones touchées. Le bilan s'établissait alors à  421 morts et 7370 blessés dans la province occidentale de Kermanshah, et à 8 morts et 336 blessés en Irak. (Image - lundi 13 novembre 2017)

L'Iran a mis fin mardi matin aux opérations de secours dans les zones touchées. Le bilan s'établissait alors à 421 morts et 7370 blessés dans la province occidentale de Kermanshah, et à 8 morts et 336 blessés en Irak. (Image - lundi 13 novembre 2017)

AFP
Le bilan en Iran s'est alourdi à au moins 328 morts et 2530 blessés dans la province iranienne de Kermanshah. (Lundi 13 novembre 2017)

Le bilan en Iran s'est alourdi à au moins 328 morts et 2530 blessés dans la province iranienne de Kermanshah. (Lundi 13 novembre 2017)

AFP

Un puissant séisme a frappé dimanche soir l'ouest de l'Iran et plusieurs régions irakiennes, faisant au moins 344 morts et plusieurs milliers de blessés. L'essentiel des victimes de la catastrophe est dénombré en Iran, où le bilan provisoire, qui n'a cessé d'enfler au fil des heures, s'élevait à 336 morts et plus de 3 950 blessés en fin de matinée, tous recensés dans la province occidentale de Kermanshah, limitrophe de l'Irak. Dans ce pays le bilan officiel du drame était de 8 morts et 321 blessés.

Darbandikhan, localité montagneuse du Kurdistan irakien, s'est réveillée lundi sous le choc, après avoir payé le plus lourd tribut en Irak du séisme. Dans la nuit, quatre corps, dont ceux d'une femme et d'un enfant, ont été sortis des décombres: c'est ici que la moitié des victimes irakiennes sont décédées.

Et la menace plane encore, assurent les habitants, qui redoutent tout à la fois d'éventuelles répliques et des fissures dans le barrage proche, sur le fleuve Diyala. Autour des décombres des maisons entièrement détruites ou aux murs endommagés par le secousse d'une magnitude de 7,3, des attroupements se forment.

Un tas de pierres

Nizar Abdullah a passé la nuit avec les autres voisins à inspecter les ruines de la maison qui jouxte la sienne. La bâtisse qui se dressait autrefois sur deux étages n'est plus qu'un immense tas de pierre et de béton. «Il y avait huit personnes à l'intérieur», rapporte-t-il à l'AFP.

Certains membres de la famille ont pu s'échapper à temps, mais «la mère de famille et un des enfants ont été sortis morts des décombres par des voisins et des membres des services de secours», affirme ce Kurde irakien de 34 ans.

En tout, selon les autorités, quatre personnes sont donc mortes à Darbandikhan, et trois autres ailleurs dans la province de Souleimaniyeh, zone montagneuse à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad. «On n'avait pas vu ça ici depuis un siècle au moins», a affirmé à l'AFP un responsable local.

Louqman Hussein, 30 ans, se rappelle du moment où la terre a commencé à trembler. C'était exactement à 18H18 GMT, selon l'Institut géologique américain (USGS), et la secousse s'est produite à une profondeur de près de 25 kilomètres. «D'un coup, l'électricité a été coupée», raconte-t-il à l'AFP. «J'ai senti une violente secousse et aussitôt avec ma famille nous sommes sortis de la maison».

Peur du barrage

Lui est revenu. Mais, affirme Akram Wali, 50 ans, «de nombreuses familles sont parties de leur maison et se sont réfugiées chez des proches en dehors de Darbandikhan». Car dans la nuit, les autorités du Kurdistan irakien, redoutant que le barrage de Darbandikhan n'ait été touché, ont appelé les habitants de la zone sud de la ville à quitter les environs. Jusqu'ici, le barrage tient bon et aucun dégât majeur n'y a été enregistré, assurent les responsables.

Taha Mohammed, 65 ans, lui, ne veut plus bouger. Devant sa maison, dont il ne reste plus rien, l'homme vêtu du pantalon bouffant traditionnel kurde regarde consterné les dégâts. «On est tous sortis en courant et personne n'a été blessé dans ma famille», se félicite-t-il. En revanche, en termes matériels, il a tout perdu. «Le gouvernement irakien doit aider les sinistrés, certes nous sommes Kurdes mais nous sommes aussi Irakiens», renchérit son voisin Yassin Qassem, dont la maison est fortement endommagée.

La région autonome et le pouvoir central à Bagdad sont à couteaux tirés depuis la tenue il y a près de deux mois d'un référendum d'indépendance kurde.

La Turquie, plus au nord, où le séisme a également été ressenti, a envoyé de l'aide humanitaire ainsi qu'un avion médical. Le porte-parole du gouvernement a annoncé acheminer «1000 tentes et 4000 couvertures, tandis que le Croissant-Rouge turc envoie 3000 tentes et 3000 couvertures».

Si la secousse a touché l'Irak, c'est l'Iran voisin qui a enregistré le plus de victimes, avec au moins 328 morts, selon un nouveau décompte donné lundi matin par la médecine légale, citée par la télévision d'Etat iranienne. Selon ce dernier bilan, il y a également 2 530 blessés. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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