Foyer de l’Etoile: Après le suicide d’un requérant, l’Hospice s’explique

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Foyer de l’EtoileAprès le suicide d’un requérant, l’Hospice s’explique

Un nouveau rassemblement est prévu jeudi devant le centre d’accueil, après le décès volontaire d’un jeune Afghan dont la demande d’asile avait été refusée. Une cérémonie d’adieu doit avoir lieu.

par
Leïla Hussein
Le jeune de 18 ans s’est suicidé après avoir appris qu’il allait être renvoyé en Grèce. Une action de protestation a eu lieu lundi devant le foyer de l’Etoile, dans le quartier des Acacias. 

Le jeune de 18 ans s’est suicidé après avoir appris qu’il allait être renvoyé en Grèce. Une action de protestation a eu lieu lundi devant le foyer de l’Etoile, dans le quartier des Acacias. 

20min/David Ramseyer

Lundi, l’émotion était encore vive au foyer de l’Etoile, qui accueille des requérants d’asile mineurs non accompagnés et de jeunes adultes. Quelques jours après le suicide d’un Afghan dont la demande d’asile venait d’être refusée, la police a dû intervenir devant le centre où un rassemblement s’était organisé. Alors qu’une nouvelle manifestation est annoncée jeudi, Bernard Manguin, porte-parole de l’Hospice général, revient sur le déroulé des événements. Une cérémonie d’adieu en l’honneur du jeune de 18 ans qui s’est donné la mort la semaine dernière doit encore avoir lieu. 

«La tension est vite montée»

«Un espace avait été aménagé au centre d’hébergement de l’Etoile dès vendredi pour que les actuels et anciens résidents, ainsi que toutes les personnes qui le souhaitent, puissent venir s’y recueillir. Il est resté ouvert tout le week-end.» Mais lundi, «des requérants qui ne logent plus à l’Etoile ont voulu à nouveau s’y réunir, dans un autre état d’esprit que le recueillement.» Parallèlement, des jeunes non accompagnés souhaitant se rendre en cours ont été empêchés de sortir du centre, selon l’Hospice. «La tension est rapidement montée, provoquant l’intervention de la police pour empêcher les non-résidents d’entrer dans le centre.» Aucun nouveau règlement lié à la sécurité n’est entré en force, assure Bernard Manguin. 

«C’est comme la prison ici»

Une solution a pu être trouvée en début d’après-midi, lundi. «Une salle à l’extérieur du foyer a été mise à disposition par la Fondation genevoise pour l'animation socioculturelle». Objectif de cette rencontre: l’organisation d’une manifestation pour dénoncer les conditions de vie dans le centre d’accueil. «C’est comme la prison ici, s’est ainsi confié un jeune. Il y a des grilles, on est à deux dans une chambre de 4m². La mort d’Alireza, c’est un choc et cela génère beaucoup de colère.» Aucune disposition particulière n’a été prise par l’Hospice général en vue du rassemblement prévu jeudi devant ses locaux. «Tout le monde est libre de manifester», a conclu le chargé de communication.

Renforcement du soutien psychologique

Afin d’aider les jeunes, encore sous le choc de la mort de leur camarade, l’Hospice général a fait appel aux experts des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qui se sont rendus sur place dès vendredi et seront sollicités «pour accompagner individuellement les jeunes au fur et à mesure que les besoins se feront sentir», détaille le communicant de l’Hospice général. En plus d’un renfort en personnel, «des discussions sont en cours avec les HUG pour assurer un soutien des jeunes en détresse psychologique à court, moyen et long terme.»

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