Afghanistan - Après le trampoline et le pédalo, les talibans testent le bateau pirate
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Afghanistan Après le trampoline et le pédalo, les talibans testent le bateau pirate

Les combattants islamistes continuent de découvrir des loisirs qui leur étaient jusqu’ici totalement étrangers. Dernière expérience en date: le parc d’attractions.

«C’est l’Afghanistan!», s’époumone un combattant taliban en prenant place sur un bateau pirate un peu branlant avec quelques-uns de ses camarades d’armes riant aux éclats, dans une fête foraine de l’ouest de Kaboul. Leur kalachnikov ou leur mitraillette en bandoulière, les soldats se cramponnent aux bancs d’acier multicolores qui font le va-et-vient, leurs foulard et turban au vent. Un lance-roquettes que l’un d’entre eux berçait quelques minutes plus tôt dans ses bras a finalement été laissé sur le sol. Par précaution.

D’humeur joyeuse, quelques talibans ont pris du bon temps dans un petit parc d’attractions situé près du lac Qargha, dans la banlieue de Kaboul. D’ordinaire, l’endroit attire plutôt des familles et enfants qui viennent s’amuser sur les manèges ou la grande roue. Au sein du petit groupe, la plupart ont découvert une fête foraine pour la première fois. A la fin du tour de trois minutes, ces combattants aguerris ont applaudi, se sont esclaffés et ont arboré de grands sourires. Et le lance-roquettes a retrouvé les bras de son propriétaire.

D’autres images montrent des talibans prenant du bon temps sur les rives pittoresques du lac, certains semblant prendre goût aux balades en pédalos en forme de cygne. Mi-août, alors que des milliers d’Afghans tentaient de fuir le pays craignant pour leur vie, des combattants avaient été filmés en train de s’extasier sur un trampoline, des autos tamponneuses et des machines de musculation.

Six semaines après leur arrivée à Kaboul et leur retour au pouvoir, 20 ans après en avoir été chassés, les talibans sont en pleine euphorie. La population craint un retour au régime fondamentaliste imposé dans les années 1990 quand la plupart des divertissements, comme la musique, la photographie, la télévision ou même les cerfs-volants étaient interdits. Les islamistes ont cette fois-ci tenté de rassurer les Afghans et la communauté internationale, en affirmant qu’ils se montreraient moins stricts que par le passé. Mais leurs promesses laissent sceptiques les observateurs.

(AFP)

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