Léman: Après les MIR, des ULM analyseront le lac
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LémanAprès les MIR, des ULM analyseront le lac

Deux ULM survoleront dès lundi le lac Léman pour analyser ses eaux dans le cadre du second volet du programme scientifique elemo. La campagne d'observation durera trois semaines.

Les sous-marins ont étudié les eaux lémaniques en 2011.

Les sous-marins ont étudié les eaux lémaniques en 2011.

Les ULM (ultralégers motorisés) ont achevé fin avril des essais réalisés depuis l'aérodrome de Prangins (VD). Bien qu'ayant pris du retard en raison d'une météo perturbée, les tests se sont déroulés sans anicroche, a indiqué Michael Krasnoperov, chef de projet au Consulat honoraire de la Fédération de Russie à Lausanne.

Ces vols d'observation de la couche supérieure du lac complèteront le programme scientifique d'exploration des eaux lémaniques (elemo). Réalisé en été 2011 par des sous-marins russes MIR, son but était d'analyser en profondeur la pollution et les micro-organismes présents dans les eaux.

Relevés photographiques

Grâce à leurs capteurs et leur technologie de pointe, et au moyen de relevés photographiques, les ULM étudieront les phénomènes qui prennent place à la surface de l'eau dans le premier mètre de profondeur du lac. Ils examineront aussi l'influence des courants aériens sur le Léman, a précisé le scientifique.

Une autorisation spéciale de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) a été nécessaire. Les vols en ULM sont en effet interdits en Suisse depuis 1984.

Plusieurs autres périodes d'échantillonnage sont prévues, en automne, en hiver et au printemps prochain, a ajouté Jean-Denis Bourquin, coordinateur pour les affaires académiques à l'EPFL. Des prélèvements seront réalisés jusqu'en 2015, selon M. Krasnoperov.

Périple de 7500 km

L'aventure se poursuivra bien au-delà du Léman. Fin mai, cinq de ces engins s'envoleront de Genève direction la Russie. Ils seront dirigés par trois pilotes français et deux Russes. En trois, quatre jours, ils survoleront l'Allemagne, la Pologne et les Etats Baltes pour rejoindre Pskov en Russie.

Une fois dédouanés, les ULM survoleront ensuite la Russie en environ quatre semaines pour rejoindre le lac Baïkal, soit environ 7500 km. Au cours du voyage, ils réaliseront également des analyses scientifiques, telle la mesure de la pollution de l'air ou du CO2 dégagé par les nombreux incendies de forêts qui affectent la Russie.

Les ULM seront accompagnés au sol par deux véhicules. Ces derniers assureront l'entretien et les réparations, a précisé M. Krasnoperov.

Collaborations prévues

Les petits appareils sont attendus au bord du Baïkal le 7 juillet pour participer à une conférence internationale consacrée à la recherche sur le plus grand lac du monde. Ils procèderont ensuite à des observations et mesures au-dessus du Baïkal.

En comparant les résultats obtenus en Suisse et en Russie, les chercheurs comptent raffermir leurs connaissances et leurs méthodes de travail sur les milieux lacustres. Des collaborations entre les deux pays seront mises sur pied sous forme d'échanges d'experts et de doctorants.

Coordination

Le Consulat honoraire de Russie coordonne l'opération, en collaboration avec la Société géographique de Russie. Les partenaires d'elemo 2 sont l'EPFL, l'entreprise pharmaceutique Ferring, basée à St-Prex, et divers instituts scientifiques russes, dont l'Académie des sciences naturelles.

Le consul honoraire de Russie et président de Ferring, Frederik Paulsen, sponsorise l'aventure. Le projet et l'engin seront d'ailleurs présentés le 17 mai lors d'une journée russo-suisse consacrée à l'innovation. (ats)

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