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StockholmLe Nobel de Littérature à la poète américaine Louise Glück

L’écrivaine new-yorkaise de 77 ans a reçu le 113e Nobel de L’Académie suédoise ce jeudi pour l’ensemble de son oeuvre.

Louise Elisabeth Glück. 

Louise Elisabeth Glück.

AFP

La poète américaine Louise Glück, 77 ans, remporte jeudi le prix Nobel de Littérature. Cette récompense surprise couronne son oeuvre entamée à la fin des années 60.

Ses écrits sont primés «pour sa voix poétique caractéristique, qui avec sa beauté austère rend l’existence individuelle universelle», a annoncé l’Académie suédoise en décernant le prix. Louise Glück avait remporté le prix Pullitzer de poésie en 1993 pour son recueil The Wild Iris.

L’Américaine, née à New York en 1943, ne figurait pas parmi les favoris, dont les noms circulaient depuis plusieurs jours dans la presse. Le Nobel est doté d’un montant de dix millions de couronnes suédoises, environ un million de francs.

Peu traduite en français

En français, la traduction de cette poétesse est restée jusqu’ici confidentielle, faute de parution en volume. L’enfance et la vie de famille, la relation étroite entre les parents et les frères et soeurs, sont une thématique centrale de son oeuvre.

Averno (2006) est son recueil magistral, une interprétation visionnaire du mythe de la descente aux enfers de Perséphone en captivité de Hadès, le dieu de la mort. Une autre réalisation spectaculaire est son dernier recueil, «Nuit fidèle et vertueuse».

Deux ans après la Polonaise Olga Tokarczuk, Louise Glück est la 16e femme à se voir décerner le prix d’un millésime 2020 des Nobel très féminin. Avec trois lauréates lors des Nobel scientifiques, cette saison pourrait battre le record de femmes lauréates (cinq en 2009), alors que la paix vendredi et l’économie lundi restent à décerner.

Nouveau chapitre

Seul à pouvoir disputer à celui de la paix le titre de plus célèbre des Nobel, le prix de littérature peine à sortir d’une des périodes les plus troublées de son histoire, pourtant longue et mouvementée.

À la fin 2017, l’académie suédoise avait été minée par les dissensions sur la manière de gérer les accusations visant un Français, Jean-Claude Arnault, époux d’une académicienne et personnalité influente de la scène culturelle suédoise, depuis condamné pour viol.

Le scandale avait déchiré l’institution en plein cataclysme #MeToo, jetant une lumière crue sur les coulisses d’une académie rongée par les intrigues et ébranlant les Nobel et même l’image d’une Suède championne de transparence, de probité, de modernité et d’égalité.

Tremblant sur ses bases, le temple des lettres avait dû surseoir au prix 2018. A peine le temps de sortir de l’eau qu’il y avait replongé la tête la première en récompensant en octobre 2019 l’écrivain autrichien Peter Handke, aux sulfureuses positions pro-Milosevic.

Le jury avait tenu bon, avançant avoir jugé exclusivement l’oeuvre et pas l’homme. Mais face à cette tempête, les débats sur le caractère réellement littéraire de l’oeuvre de Bob Dylan, le lauréat surprise en 2016, n’étaient que peu de choses. L’académie a de toute façon toujours préféré les candidats de l’ombre aux célébrités.

Au palmarès par pays, la France est en tête pour la littérature, avec quinze lauréats, dont le premier, l’oublié Sully Prudhomme, ou des géants comme Camus (1957) ou Sartre, seul écrivain à l’avoir refusé de son plein gré, en 1964. La langue de Molière est en revanche devancée par celle de Shakespeare, avec 30 auteurs anglophones primés.

(ATS)

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