Grande-Bretagne: Après «News of the World», le «Sun» ébranlé
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Grande-BretagneAprès «News of the World», le «Sun» ébranlé

Cinq salariés du «Sun» et des membres des autorités ont été arrêtés samedi dans le cadre d'une enquête sur des pots-de-vin versés par des journalistes en échange d'informations.

Cinq journalistes confirmés du «Sun», le quotidien britannique le plus vendu, ont été arrêtés samedi dans le cadre d'une enquête sur des pots-de-vin versés en échange d'informations, dernier avatar du scandale des écoutes qui secoue depuis des mois le pays et l'empire Murdoch.

Ces journalistes sont des piliers du tabloïde: le rédacteur en chef adjoint Geoff Webster, un responsable du service photo John Edwards, le chef du service reportages John Kay, le chef de la rubrique étranger Nick Parker et le journaliste John Sturgis, selon la direction.

Ces arrestations sont un coup dur pour le «Sun», fleuron du groupe de presse de Rupert Murdoch, qui avait déjà assisté fin janvier à l'arrestation de quatre de ses journalistes ou ex-journalistes, libérés ensuite sous caution.

Pas d'arrêt de publication

News International, division britannique du groupe Murdoch, a reconnu dans un mémo interne au personnel que le journal faisait face à l'un «de ses plus grands défis». Mais elle a déclaré avoir reçu l«assurance personnelle» de Rupert Murdoch qu'il allait «garder et continuer à publier le Sun».

Le rédacteur en chef du tabloïde, Dominic Mohan, s'est dit «consterné», mais «déterminé» à poursuivre sa tâche.

«Nous avons le devoir de servir nos lecteurs et nous allons continuer à le faire. Nous nous concentrons sur l'édition de lundi», a-t-il assuré.

Les forces de l'ordre, qui enquêtent sur des «paiements illégaux à des policiers et à des membres de l'administration», ont interpellé les journalistes à l'aube à leur domicile, ainsi qu'un policier, un militaire et une employée du ministère de la Défense. La police a ensuite libéré l'un d'entre eux sous caution dans la journée, sans préciser lequel.

Perquisitions

Des perquisitions ont aussi été menées chez les journalistes et à leur bureau.

Cette enquête pour «corruption» est menée parallèlement à celle sur les écoutes téléphoniques pratiquées à grande échelle au sein du défunt News of the World (NoW).

Ce tabloïde, contraint de mettre précipitamment la clé sous la porte cet été à cause du scandale, appartenait à Rupert Murdoch, au même titre que le Times et le Sun. Le NoW a été accusé d'avoir fait écouter 800 personnes dans les années 2000, personnalités, membres de la famille royale ou citoyens au coeur de l'actualité.

D'après la presse britannique, le magnat des médias pourrait venir en personne à Londres d'ici la fin de la semaine.

Racheté en 1969 par Murdoch, le Sun vend quelque 2,5 millions d'exemplaires chaque jour.

L'affaire est d'autant plus ennuyeuse que la police, qui concentrait au départ ses recherches sur des soupçons de corruption de policiers, a élargi son enquête, comme en témoigne l'arrestation du militaire et de l'employée du ministère de la Défense. Ce dernier s'est refusé à tout commentaire. (afp)

Le groupe Murdoch encore impliqué

Le groupe Murdoch est empêtré depuis des mois dans le scandale des écoutes et de ses ramifications, qui l'a déjà obligé à indemniser plus d'une cinquantaine de victimes. L'affaire a rebondi cet été après la révélation que la messagerie d'une jeune fille assassinée avait été piratée par le NoW.

La police a arrêté 17 personnes dans le cadre de l'enquête sur les écoutes, dont Rebekah Brooks, ancienne dirigeante de News International, et 21 dans le volet «corruption». Une commission d'enquête publique sur les pratiques des médias a été mise en place, avec mission de formuler des recommandations finales. Le Premier ministre David Cameron, qui avait embauché comme chef de la communication en 2007 l'ancien rédacteur en chef du NoW Andy Coulson, pourrait être appelé à témoigner.

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