Actualisé 04.07.2013 à 03:59

Montreux Jazz

Après Rousseau, Claude Nobs entre à l'Unesco

La collection des bandes audio et vidéo du Montreux Jazz Festival entre comme document au Patrimoine mondial de l'Unesco sous le nom de «The Claude Nobs Legacy».

Claude Nobs, dans le «Bunker», sa salle des archives.

Claude Nobs, dans le «Bunker», sa salle des archives.

C'est seulement la deuxième contribution suisse à cette liste après les manuscrits de l'écrivain et philosophe Jean-Jacques Rousseau.

Le patrimoine du Montreux Jazz Festival compte 10'000 bandes et plus de 5000 heures d'enregistrements de concerts depuis la fondation du festival en 1967. En font partie quelques enregistrements uniques comme celui de Miles Davis qui fit là sa toute dernière scène en 1991. Claude Nobs avait encore déposé les bandes à l'Unesco de son vivant.

Claude Nobs et la mort

Outre la légation de Montreux vont entrer comme documents à l'Unesco le disque de Nebra, les écrits de et sur Che Guevara et la collection des déclarations de témoins de l'Holocauste de Yad Vashem, peut-on lire sur le site internet de l'organisation.

Claude Nobs dans sa chambre

Tous les deux ans, chaque membre de l'Unesco peut déposer deux propositions de contributions au nom de la mémoire de l'humanité. Cette liste recense désormais 299 documents.

Claude Nobs - Le Picotin

«Je suis très heureux pour Claude»

«Je suis très heureux pour Claude et pour les musiciens» a réagi Thierry Amsallem après l'annonce de l'inscription des Archives du Festival de Jazz de Montreux au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Claude Nobs à l'harmonica part. 1

Partenaire de Claude Nobs, décédé début janvier, et responsable du projet, il parle d'une «belle réussite».

Déjà évoquée en avril 2012, la décision est finalement tombée en juin 2013. «On travaillait depuis deux ans sur ce dossier», explique Thierry Amsallem interrogé mercredi par l'ats. «C'est une page musicale du 20e siècle» qui trouve sa place au Registre du monde de l'Unesco, s'est réjoui le responsable.

Si ce n'est pas préservé, il n'y a rien à transmettre aux générations futures. Grâce au travail de conservation mené à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) , qui a déjà pu traiter les trois quarts des documents, les archives sont en principe bonnes «pour 100 ans».

Le processus devrait arriver à son terme à la fin de l'année ou courant 2014. «C'est un challenge technique» auquel sont confrontées de nombreuses autres organisations, comme les télévisions, note Thierry Amsallem. Les Archives de Montreux sont les premières archives audiovisuelles (hormis les films) à faire partie de ce patrimoine.

L'Unesco avait attiré l'attention sur le problème de la conservation de ce type de supports il y a quelques années. Puis les Etats-Unis avaient souhaité que des efforts soient entrepris pour sauver et mettre en valeur l'histoire de la musique noire américaine, rappelle le partenaire de Claude Nobs pendant 25 ans. Pour le festival, «c'est une grande reconnaissance», qui ne rapporte rien financièrement, précise-t-il. (ats)

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