Rap: Après «Ultra», Booba compte s’occuper de la relève
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RapAprès «Ultra», Booba compte s’occuper de la relève

Après plus de vingt ans de carrière, le rappeur français compte s’éloigner du format album pour se concentrer sur la production et la direction artistique. Il laisse à ses fans un dernier disque, dévoilé le 5 mars.

Il avait annoncé Ultra comme son dernier album. Aujourd’hui, Booba a le regard tourné vers  un avenir qui semble synonyme de direction artistique et de production.

Il avait annoncé Ultra comme son dernier album. Aujourd’hui, Booba a le regard tourné vers un avenir qui semble synonyme de direction artistique et de production.

AFP

La star du rap français, Booba, clame qu’ «Ultra», tout juste sorti, est son dernier album: le boucanier du rap ne disparaît pas pour autant de l’horizon à 44 ans, puisqu’il continue à mettre à l'eau une flottille de nouveaux talents.

Le «Duc» a répété sur les plateaux qu’il en avait fini avec le format album. Ce qui n’exclut pas un morceau quand ça lui chante. «Un comeback? Ouais, mais pas en album, j’ai des sons qui vont sortir après, j’ai déjà enregistré des featurings (collaborations)», a-t-il ainsi lâché sur la chaîne télévisée France 5.

Le «Duc» en directeur d’écuries

Surtout, «B2O» n’a pas l’intention d’abandonner sur un porte-manteau sa casquette de directeur artistique/producteur. «Ce n’est pas comme si j’allais rester chez moi à mettre des coups de pied dans des cailloux, je suis occupé, j’ai mes labels (...) si un de mes artistes réussit ou sort un morceau qui me plaît, c’est une victoire», a-t-il développé sur la radio publique RFI.

«Ce n’est pas comme si j’allais rester chez moi à mettre des coups de pied dans des cailloux, je suis occupé, j’ai mes labels (...) si un de mes artistes réussit ou sort un morceau qui me plaît, c’est une victoire.»

Booba, sur RFI.

«Avec Booba, on est dans la logique du sportif de haut niveau qui ne veut plus continuer mais qui ne va pas sortir du «game» (du milieu musical) pour autant», analyse pour l’AFP Olivier Cachin, journaliste spécialiste du rap.

Directeur d’écuries – avec les labels 92i, 7 Corp ou Piraterie Music - est l’un des costumes les moins connus de son personnage, souvent réduit à ses chiffres de vente (ses neuf albums précédents ont été classés au sommet des charts, «Ultra» connaît un démarrage impressionnant) ou à son art consommé du trash et du clash. Qui déborde parfois des réseaux sociaux comme quand il se bat avec Kaaris, un de ses anciens protégés, dans un aéroport.

«Avec Booba, on est dans la logique du sportif de haut niveau qui ne veut plus continuer mais qui ne va pas sortir du «game» pour autant.»

Olivier Cachin, journaliste spécialiste du rap.

Tout au long d’une carrière entamée il y a 26 ans, on ne compte plus les coups de pouce, qui ont parfois tourné ensuite aux coups de gueule comme pour Kalash ou Damso. Le rappeur Maes fait figure d’exception en entretenant toujours de bons rapports avec lui.

Booba, esprit libre

Son dernier album fait ainsi la part belle aux jeunes pousses qu’il espère voir s’épanouir. On trouve ainsi sur «Ultra» (chez Tallac Records) des titres avec JSX, SDM, Dala, Gato, Bramsito ou Elia. «On s’attendait à des collaborations de malade (avec des noms connus) pour son dernier album: en fait il y a une nouvelle génération à qui il passe le relais», complète Olivier Cachin.

Le titre le plus surprenant est «Grain de sable», avec Elia, collaboration d’une profonde mélancolie, loin de l’univers cru du «Duc». «Ca prouve qu’il est ultra à l’écoute, ultrasensible, ultrasincère, que c’est un esprit libre, que ce qu’il fait, c’est de la chanson, qu’il en fait partie, qu’il n’est pas en marge», explique à l’AFP, la jeune artiste signée sur 92i.

(AFP)

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