Actualisé 01.10.2012 à 16:48

FranceArcelor-Mittal va fermer les hauts fourneaux

Le groupe luxembourgeois ArcelorMittal a annoncé lundi la fermeture définitive des hauts fourneaux de Florange. Symbole de la révolution industrielle, ils sont les derniers de la région Lorraine, dans l'est de la France.

Un comité central d'entreprise a été convoqué pour lundi prochain. De Cette décision attendue a été annoncée aux syndicats lors d'un comité central d'entreprise (CCE) dirigé par le PDG, l'Indien Lakshmi Mittal,au siège du groupe à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne.

Les deux hauts fourneaux concernés sont à l'arrêt depuis 14 mois. Plus de 600 salariés des 2500 du site de Florange vont perdre leur emploi, sans compter les sous-traitants.

La direction du groupe, qui juge «possible d'éviter tout licenciement sec», a indiqué vouloir «concentrer ses efforts et ses investissements sur les activités en aval» - soit le travail de l'acier - qui emploient quelque 2000 personnes.

Promesse d'investissements

Le vice-président d'ArcelorMittal, Henri Blaffart, a assuré que le groupe continuerait à investir «de manière significative» à Florange, pour en faire un «centre d'excellence (des aciers) plats carbone en Europe». Il n'a toutefois pas précisé de montant alors que l'Etat demandait au groupe d'injecter au moins 150 millions d'euros.

Selon les syndicats, ArcelorMittal, qui s'était jusqu'à présent refusé à dissocier l'ensemble des installations du site, a aussi donné au gouvernement un délai de 60 jours pour trouver un éventuel repreneur pour les deux hauts fourneaux ainsi que pour la cokerie de Florange.

La direction répondait ainsi à une demande du gouvernement, formulée dimanche. Celui-ci veut faire adopter par le Parlement d'ici la fin de l'année une loi permettant le rachat de sites que les industriels prévoient de fermer.

Les syndicats ont jugé lundi la décision du groupe «scandaleuse et inacceptable». Certains ont demandé la nationalisation de la sidérurgie ou, à défaut, la «maîtrise publique» de l'ensemble des activités. A Florange, plusieurs dizaines de salariés ont bloqué les locaux de la direction du site, dont ils ont soudé les grilles d'entrée.

Fin d'un monde

La fermeture des deux derniers hauts fourneaux de Lorraine scellerait la fin d'un monde dans cette région où la sidérurgie, longtemps au coeur de la révolution industrielle française, était devenue un symbole identitaire.

Cette dimension explique le maintien de nombreux sites qui auraient dû fermer en bonne logique industrielle, selon les experts, alors que la région voisine de la Sarre, en Allemagne, entreprenait elle sa reconversion.

Car le choc pétrolier de 1973, le ralentissement mondial des commandes, la montée en puissance des producteurs asiatiques, ont inéluctablement conduit à l'affaiblissement de l'acier européen et à la perte de dizaines de milliers d'emplois.

Plusieurs fois restructurée, un temps nationalisée, la sidérurgie française d'abord regroupée dans Arcelor a fini par tomber en 2006 dans l'escarcelle de Mittal, qui avait déjà fermé en 2009 le site de Gandrange, voisin de Florange.

Forte baisse de la demande

ArcelorMittal justifie l'arrêt des hauts fourneaux de Florange par une forte baisse de la demande d'acier dans le monde et un coût de production trop élevé en Europe. La World Steel Association (WSA) estime à 25% la baisse des commandes d'acier dans le monde depuis 2007.

Sur 25 hauts fourneaux d'ArcelorMittal en Europe, 16 fonctionnent, les 9 autres étant fermés temporairement ou définitivement comme à Liège en Belgique. En France, le groupe dispose encore de hauts fourneaux à Dunkerque (nord) et Fos-sur-Mer (sud). (ats)

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