Arche de Zoé: dix inculpés et douze non-lieu
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Arche de Zoé: dix inculpés et douze non-lieu

Un juge tchadien a renvoyé les six Français de l'Arche de Zoé, trois Tchadiens et un Soudanais devant la Cour criminelle.

Tous risquent des peines de 5 à 20 ans de travaux forcés. Les douze autres inculpés ont eux obtenu un non-lieu.

Les six Français comparaîtront pour «enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil» et «escroquerie» - infractions pour lesquelles ils étaient déjà inculpés - ainsi que pour deux nouveaux chefs, «faux en écriture publique» et «grivèlerie», a annoncé un avocat de la défense lundi à l'AFP. Aucune date n'a été fixée pour l'ouverture de leur procès.

Trois Tchadiens et un réfugié soudanais comparaîtront pour complicité d'enlèvement de mineurs et d'escroquerie.

Trois journalistes français, les sept membres de l'équipage espagnol d'un avion qui devait ramener 103 enfants en France depuis Abéché (est du Tchad) un pilote belge et le sous-préfet de Tiné, ville frontalière avec le Soudan, bénéficient d'un non-lieu.

Le juge a ordonné la remise en liberté du sous-préfet, incarcéré à N'Djamena. Les onze Européens bénéficiaires d'un non-lieu avaient été libérés progressivement en novembre et rapatriés dans leurs pays respectifs.

En prenant une «ordonnance de transmission des pièces au Parquet général», afin que ce dernier saisisse la chambre d'accusation en vue d'un procès devant la Cour criminelle pour les dix inculpés renvoyés devant la justice, le juge d'instruction a donc rejeté la demande de requalification des infractions de crime en délit, déposée par la défense des six Français de l'Arche de Zoé.

Grève de la faim

Ceux-ci, détenus à la prison centrale de N'Djamena, ont entamé vendredi soir une grève de la faim, refusant de s'alimenter mais continuant à boire de l'eau. Ils dénoncent leur lâchage par les autorités françaises et affirment que personne ne veut les écouter. Selon leur avocat, ils poursuivaient lundi leur grève de la faim.

L'Arche de Zoé entendait emmener les 103 enfants en France depuis Abéché, à 700 km à l'est de N'Djamena, lorsque l'opération a été stoppée par les autorités tchadiennes le 25 octobre.

L'association française présente ces enfants comme des orphelins du Darfour, région soudanaise voisine en proie à la guerre civile. Mais selon une enquête humanitaire internationale, la quasi- totalité d'entre eux viennent de villages tchadiens et ont au moins un parent ou un adulte qu'ils considèrent comme tel.

Le président français Nicolas Sarkozy était venu chercher au Tchad le 4 novembre les trois journalistes français et les quatre hôtesses de l'air espagnoles tout juste libérés après une procédure express. Le 6 novembre, il avait promis d'aller «chercher tous ceux qui restent (incarcérés au Tchad) quoi qu'ils aient fait», provoquant la colère des autorités et du monde judiciaire au Tchad.

(ats)

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