Répressions en Russie: Archives «staliniennes» secrètes jusqu'en 2044
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Répressions en RussieArchives «staliniennes» secrètes jusqu'en 2044

En 1992, un an après l'éclatement de l'URSS, les archives de l'époque stalinienne avaient été rendues accessibles au public par un décret du président russe Boris Eltsine.

Joseph Staline est toujours enterré devant le Kremlin, sur la place Rouge.

Joseph Staline est toujours enterré devant le Kremlin, sur la place Rouge.

photo: Keystone/ARCHIVES

Les autorités russes ont rejeté une pétition menée par des historiens et des familles de victimes de la terreur stalinienne demandant que soient rendues publiques la totalité des archives des services secrets soviétiques. Une partie restera inaccessible jusqu'en 2044.

En 1992, un an après l'éclatement de l'URSS, les archives de l'époque stalinienne avaient été officiellement rendues accessibles au public par un décret du président russe Boris Eltsine. Mais 25 ans après, de facto, l'accès à une grande partie des documents des services secrets soviétiques - VTchK, GPOu, NKVD et KGB - est toujours interdit aux familles et aux chercheurs au nom du «secret d'État».

La Commission interministérielle pour la protection des secrets de l'État russe a confirmé mercredi cette politique en décidant de maintenir au secret une partie des documents datant de la période 1917-1991, malgré une pétition signée par plus de 60'000 personnes demandant l'ouverture de ces archives.

Méthodes d'espionnage

Les documents qui seront gardés secrets «contiennent des informations sur les méthodes d'espionnage et de contre-espionnage (...) qui sont encore d'actualité dans la mesure où leur publication est susceptible de porter atteinte à la sécurité de la Russie», a estimé la Commission dans une lettre publiée sur Facebook par l'un des signataires de la pétition, l'avocat Ivan Pavlov.

La pétition demandait l'annulation d'une précédente décision datant de mars 2014, qui prévoyait la mise au secret de ces archives jusqu'en 2044.

Elucider le sort des victimes

«L'accès à des documents importants de l'époque nous est interdit jusqu'en 2044. Ces textes nous permettraient d'expliquer le mécanisme des répressions et d'élucider le sort de plusieurs centaines de milliers de victimes des purges qui reste toujours inconnu», a expliqué l'historien Nikita Petrov de l'ONG Memorial, qui travaille sur les répressions en URSS.

La position du Kremlin à l'égard de Staline est ambivalente: officiellement dénoncé pour la Terreur d'État qu'il a orchestrée dans les années 30 et jusqu'à sa mort en 1953, il est toujours enterré devant le Kremlin, sur la place Rouge. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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