Hockey sur glace: Argentée, la Suisse a la gueule de bois

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Hockey sur glaceArgentée, la Suisse a la gueule de bois

La défaite de la Suisse dimanche soir en finale du Championnat du monde à Copenhague est amère. L'équipe essaye de comprendre ce qui lui a manqué pour l'emporter.

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Le vol charter a atterri à l'heure à Kloten peu avant midi (Lundi 21 mai 2018)

Le vol charter a atterri à l'heure à Kloten peu avant midi (Lundi 21 mai 2018)

Keystone
Des milliers de supporters vêtus de rouge attendaient de voir les joueurs sortir de l'avion.  (Lundi 21 mai 2018)

Des milliers de supporters vêtus de rouge attendaient de voir les joueurs sortir de l'avion. (Lundi 21 mai 2018)

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Des milliers de supporters vêtus de rouge attendaient de voir les joueurs sortir de l'avion.  (Lundi 21 mai 2018)

Des milliers de supporters vêtus de rouge attendaient de voir les joueurs sortir de l'avion. (Lundi 21 mai 2018)

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Battue 3-2 aux tirs au but par la Suède dimanche soir, la Suisse est passée proche du plus grand exploit de son histoire. Patrick Fischer est convaincu qu'elle deviendra un jour championne du monde.

Il est des défaites plus cruelles que d'autres. Celle subie par la Suisse en finale du Championnat du monde à Copenhague est à ranger dans la catégorie amère, extrêmement amère même. La troupe de Patrick Fischer a lutté à armes égales avec une Suède composée presque essentiellement de joueurs de NHL. Elle n'a finalement cédé qu'aux tirs au but. Sven Andrighetto fut le seul Helvète à tromper Anders Nilsson. Les Scandinaves ont frappé à deux reprises pour empocher leur onzième titre mondial et conserver celui acquis l'an dernier à Cologne.

La Suisse a perdu sans qu'il soit possible de désigner le moindre coupable. Dans un thriller, on dirait que le crime était parfait. Alors, bien sûr, restent les hypothèses. Et si Kevin Fiala avait marqué le but de la victoire à la 75e minute? Oui la Suisse se serait réveillée lundi avec la gueule de bois du champion du monde. Mais Kevin Fiala n'a pas marqué. Cette action-là avait le poids de l'or, mais jamais personne n'en voudra au St-Gallois.

Des leaders présents

Face à la Suède, les leaders de Patrick Fischer ont répondu présents. Nino Niederreiter a ouvert le score pour son 4e but de la compétition sur une passe de Roman Josi, définitivement l'un des meilleurs défenseurs au monde. Puis Timo Meier a balancé un tir laser pour le 2-1. Les Suédois sont revenus à la 35e sur power-play et plus rien ne fut marqué jusqu'aux tirs au but. A l'heure des récompenses individuelles, tous méritent la citation. Parce que tous ont fait le travail demandé. Les buteurs ont fait leur job en inscrivant les buts, le box-play a tué bon nombre de pénalités et le jeu de puissance en avait non seulement le nom, mais aussi les plus séduisants atours.

Patrick Fischer a exprimé sa fierté à l'égard d'un groupe qui s'est construit en six semaines. Du début de la préparation à l'apothéose de la finale dominicale, les multiples individualités ont formé un bloc équipe où chacun a accepté son rôle sans ciller. Lorsque les trois renforts de NHL (Meier, Josi et Fiala) sont arrivés, Sutter, Siegenthaler et Walser sont rentrés en Suisse sans faire de vagues, acceptant les règles du jeu. «J'espère que l'on a réussi à inspirer les jeunes, explique Patrick Fischer. Quand je parlais de devenir champion du monde il y a trois ans, tout le monde m'a ri au nez. On passe à une séance de tirs au but de le faire. Peut-être que je n'avais pas tort.»

Des Romands d'impact

Dans cette équipe forte de sa «suissitude», les Romands ont souvent joué les têtes d'affiche. Gaëtan Haas, Grégory Hofmann, Tristan Scherwey et Noah Rod ont impressionné. Pile Duracell, Scherwey a bluffé le microcosme du hockey mondial par son irrésistible moteur. Jamais avare d'une bonne mise en échec, le Fribourgeois avait les larmes comme bon nombre de ses coéquipiers au moment où les Suédois ont jeté leur équipement sur la glace. «Ouais, c'est possible, analyse-t-il à l'assertion comme quoi la Suisse n'a rien fait de faux. Je ne sais pas. On aurait peut-être dû mettre ce but avant. Ça fait mal. C'est vraiment difficile à accepter.»

Déjà battue en 2013 à ce même stade par le Tre Kronor, la Suisse a dû laisser le dernier mot à cet adversaire qui ne lui réussit décidément pas. Le jaune et le bleu accaparent l'esprit de Patrick Fischer depuis trop longtemps. «Pour moi, la Suède joue toujours le rôle du briseur de rêve, soupire-t-il. En tant que joueur il y a eu la demi-finale au Championnat du monde en 1998, la défaite aux JO en 2006 et comme entraîneur-assistant celle de 2013. On ajoute celle de l'an dernier en quarts et maintenant celle-ci. C'est le sport, mais je suis extrêmement fier de mes joueurs.»

Incapable après les JO de Pyeongchang, «Fischi» est devenu une icône en l'espace de quatre matches et trois victoires. Les joueurs regardent devant eux et cherchent à inscrire un but de plus que leur adversaire. La Suisse pusillanime n'existe plus. Cela ne signifie pas pour autant qu'il faut s'attendre à une finale chaque année. Elle ne doit pas oublier d'où elle vient et se rappeler que la finale de Stockholm a été suivie par une sortie sans gloire en poule à Minsk. Mais à voir l'état d'esprit bien ancré, il y a peu de chance que cela se reproduise. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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