Gymnastique artistique: Ariella Kaeslin permet aux Helvètes de rêver
Actualisé

Gymnastique artistiqueAriella Kaeslin permet aux Helvètes de rêver

Fini les objectifs obscurs et modestes, place à l'ambition et aux envies de podium pour les Mondiaux de Londres (13-18 octobre). Cette révolution tient en un nom: Ariella Kaeslin.

La Lucernoise elle-même ne cherche pas de faux-fuyants: «A Londres, je veux une médaille au saut», a-t-elle lâché devant la presse à Bienne. Une affirmation qui est tout sauf du baratin ou du bluff. N'avait-elle pas écrasé la concurrence au saut lors des Européens à Milan en avril dernier, larguant sa dauphine à plus de trois dixièmes ?

Quant à la perspective de devenir la première Suissesse de l'histoire à monter sur un podium aux Mondiaux, cela ne la crispe pas plus que ça: «Ce sont mes cinquièmes championnats du monde. Je les ai toujours abordés d'une manière détendue. Je ne vois pas pourquoi cela serait différent à Londres», a commenté celle qui avait aussi accroché une cinquième place aux JO de Pékin en 2008, toujours au saut.

La confiance est aussi de mise chez Fabien Martin, l'entraîneur adjoint de l'équipe dames: «Nous avons fait des tests la semaine passée et elle a été impressionnante. Si elle fait la même chose à Londres, on peut s'attendre à un excellent résultat», a-t-il prévenu.

Les mêmes sauts qu'à Milan

Depuis son titre à Milan, la fille de Meggen n'a pourtant pas connu une préparation parfaite. «J'ai dû beaucoup travailler pour l'école, ne dormant parfois que trois heures par nuit. Hormis les championnats de Suisse à Fribourg en septembre (réd: 4 titres sur 5 en jeu), je n'ai pas pris part à des compétitions», a-t-elle relevé. «Mais cela ne pose pas de problèmes. A Milan déjà, j'étais arrivée sans une préparation parfaite», a-t-elle relativisé.

Même son de cloche chez son entraîneur: «Ariella a passé un cap depuis quelques mois. Elle sait exactement comment planifier sa préparation, sans se référer toujours aux coaches. Elle est très intelligente dans sa manière d'aborder les grandes compétitions», a noté Fabien Martin. Il est vrai qu'à bientôt 22 ans (elle les fêtera le 11 octobre), Käslin dispose d'une maturité mentale et physique qui tranche avec la plupart des autres gymnastes, des filles à peine entrées dans l'adolescence.

Seul hic à cette préparation tronquée, celle qui a été élue sportive suisse de l'année 2008 n'a pas pu modifier un de ses sauts (elle voulait ajouter une demi-rotation à son «Yurchenko»). «Nous n'avons pas eu le temps. Nous avons donc décidé avec les entraîneurs de présenter les mêmes sauts qu'à Milan. Cela permet de réduire le risque de blessure. De plus, les juges notent mieux un saut propre qu'un saut plus compliqué contenant des imperfections», a-t-elle expliqué.

Préparer Londres 2012

Si le saut demeure sa priorité, Kaeslin nourrit également des ambitions pour la compétition phare des joutes londoniennes, le concours multiple. «Un top 10 serait excellent. Si tout se déroule bien, elle est capable de le faire», a dit son entraîneur. A Milan, et à la surprise générale, la Lucernoise avait glané la médaille de bronze dans ce concours multiple (saut, sol, poutre, barres asymétriques).

Consciente que l'écart entre succès et échec est parfoit minime, Kaeslin ne veut pas se prendre la tête: «Bien sûr, je rêve d'une médaille. Reste que ces Mondiaux ne sont qu'une étape intermédiaire avant le grand rendez-vous des JO de Londres en 2012. Au-delà du résultat, je veux profiter de cette compétition pour voir où je me situe par rapport aux meilleures du monde et essayer de proposer des exercices propres et stables.»

S'entraînant actuellement entre 5 à 6 heures par jour, Kaeslin sera en lice ce week-end en Coupe du monde à Szombathely (Hon) pour la répétition générale des Mondiaux. Elle reviendra ensuite un jour chez elle, avant de s'envoler pour Londres avec les six autres Suisses (dont deux filles) sélectionnés. (ats)

Ton opinion