Actualisé 23.10.2012 à 10:55

Dopage

Armstrong pourrait rembourser des millions

Après avoir été déchu de ses sept victoires lors du Tour de France, Lance Armstrong pourrait avoir à rembourser les primes obtenues.

L'annulation pour dopage de tous les résultats de Lance Armstrong depuis août 1998, y compris ses sept victoires dans le Tour de France, pourrait coûter cher à l'Américain. Sa fortune est évaluée à une centaine de millions d'euros.

Primes de victoire à rembourser?

Après le verdict de l'UCI lundi, le patron du Tour de France, Christian Prudhomme, a souhaité qu'Armstrong rembourse ses primes gagnées sur la Grande Boucle, d'un montant de «près de 2,950 millions d'euros» selon la Fédération française. Le comité exécutif de l'UCI se penchera vendredi sur cette question. L'article 1.2.073 du règlement de l'UCI prévoit que «si un coureur ou une équipe perd la place qui lui a valu un prix, le prix doit être restitué dans le mois suivant à l'organisateur, qui procédera à sa redistribution».

Litiges rouverts?

Armstrong pourrait aussi devoir rembourser les 7,5 millions de dollars (6,96 millions de francs) gagnés en 2006 après un long bras de fer judiciaire avec l'assureur SCA Promotions, auprès duquel il avait misé sur ses victoires dans le Tour. Devant les soupçons de dopage visant le coureur, la société texane avait tenté d'obtenir le remboursement de ces primes, de 5 millions de dollars. Mais la transaction s'était conclue à l'avantage d'Armstrong, qui avait encaissé la totalité de ces bonus et 2,5 millions de dollars supplémentaires en intérêts et frais de justice.

Le 14 juin, Bob Hamman, PDG de SCA Promotions, avait cependant annoncé qu'il allait suivre de près l'action engagée par l'Agence antidopage américaine (Usada): «S'il y a matière à agir en justice, nous allons évidemment le faire.»

Après la publication du rapport de l'Usada détaillant le système de dopage organisé autour d'Armstrong, le «Sunday Times» a pour sa part annoncé mi-octobre qu'il envisageait de poursuivre le Texan pour fraude. En 2006, l'hebdomadaire britannique avait dû verser quelque 600'000 livres (892'000 francs au cours actuel) pour mettre un terme aux poursuites engagées par Armstrong, après la publication d'un article l'accusant de s'être dopé.

Nouvelles amendes?

Dans son rapport, l'Usada, pointant notamment des liens avec le sulfureux Dr Ferrari réfutés par Armstrong, évoque «de fausses déclarations sous serment... relevant du parjure». Un tel délit peut valoir jusqu'à 30 ans de prison et 1,5 million de dollars (1,39 million de francs) d'amende.

La perte des parrains

La semaine dernière, l'équipementier Nike, partenaire d'Armstrong depuis 1996, a rompu son contrat avec l'ancien cycliste. Le fabricant de cycles Trek, le brasseur Anheuser-Busch, une société de boisson énergétique (FRS), une compagnie de nutrition sportive (Honey Stinger), le fabricant des casques Giro et celui des lunettes Oakley, lundi même, ont également quitté le navire Armstrong.

La revue américaine «Forbes», qui avait évalué à 21 millions de dollars (19,5 millions de francs) les revenus d'Armstrong liés à ses sponsors et à ses conférences en 2010, estime que la perte de ses commanditaires pourrait entraîner un manque à gagner de plus de 150 millions de dollars pour l'Américain.

Des dons à rembourser?

Quelques donateurs de la Fondation Livestrong, créée par Armstrong pour lutter contre le cancer, ont demandé à être remboursés depuis la publication du rapport de l'Usada. Mais les plus gros contributeurs, comme Nike, qui verserait 8 millions de dollars par an à la fondation d'Armstrong, selon la presse américaine, ont annoncé qu'ils continueraient à la financer. En près de quinze ans, Livestrong affirme avoir collecté près de 500 millions de dollars (464,15 millions de francs) de dons. (ats)

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