Meurtre à Peseux (NE): Arnaud* écope de 13 ans de prison
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Meurtre à Peseux (NE)Arnaud* écope de 13 ans de prison

Dans le procès de la mort de la jeune Marie, la Cour a choisi de suivre la défense et la partie plaignante, en condamnant Arnaud* à 13 ans de prison ferme.

par
Catherine Bex

Arnaud* écope de 13 ans de prison ferme, ainsi que des frais de justice qui s'élèvent à quelque 78'000 francs. La cour criminelle du littoral et du Val-de-Travers n'a pas retenu l'assassinat, mais le meurtre, suivant en ce sens la défense et les plaignants. Elle n'a donc pas retenu la préméditation, bien que le jeune homme se soit rendu au domicile de sa victime avec un couteau de cuisine. Elle a en revanche tenu compte du jeune âge du prévenu au moment des faits, soit 19 ans, et de son absence d'antécédents judiciaires. La défense, par l'entremise de Me Barillon, a estimé que la sentence était un désavoeu pour le Ministère public.

Le procureur avait en effet requis une peine plus sévère de 22 ans pour la mort de la jeune Marie, retrouvée sans vie à Peseux (NE), le 24 novembre 2010. La partie plaignante avait, quant à elle, demandé une peine entre dix et quatorze ans d'incarcération, appelant à l'humanité du verdict. Retour sur cette dernière journée d'audience, toute en émotion.

Un meurtre passionnel

«Le mobile, c'est l'amour, a lancé Daniel Brodt; c'est un crime d'amour.» C'est ainsi que la défense a plaidé le meurtre passionnel, mercredi matin. Arnaud*, décrit comme «collant» et «jaloux», face à une relation qualifiée de «possessive» et «exclusive», a été présenté sous les traits d'un amoureux transi et éconduit. «Il était malade de Marie», a d'ailleurs lancé Daniel Brodt.

Cette notion de maladie a été le leitmotiv de Me Jacques Barillon, second avocat de la défense, qui a cherché à démonter l'expertise psychiatrique. Celle-ci affirme en effet que le jeune homme était lucide au moment des faits et responsable de son geste. Me Barillon a pour sa part martelé à de nombreuses reprises que «rien n'est normal» chez lui et que «personne ne peut croire en la normalité du prévenu». L'homme du barreau genevois s'en est également pris au procureur, Daniel Hirsch, qui avait requis vingt-deux ans de prison.

Acte prémédité

Le Ministère public a considéré que l'acte «atroce» commis par le Soleurois devait être qualifié d'assassinat, un acte tout à fait prémédité, dont les motifs étaient «sordides». Et de rappeler divers faits accablants pour le prévenu. D'une part, l'existence d'une vidéo, datant du 4 octobre 2010, dans laquelle Arnaud* lance: «Je vais te tuer, tu vas souffrir. Tu vas mourir.» D'autre part, la confession du jeune homme à une amie, à laquelle il avait glissé que «le mieux était de tuer Marie». Enfin, le couteau de cuisine dont s'était muni le jeune homme avant de se rendre au domicile de son amie, à Peseux (NE).

La partie plaignante plaide l'humanité

«C'est vraiment un gâchis!» Les avocats de la famille de Marie ont appelé quant à eux la Cour à la clémence et à l'humanité du verdict dans leur plaidoirie. «J'aimerais que votre jugement soit marqué par une lueur d'espoir», a lancé Me Christian Zumsteg. «La famille ne veut ni haine ni vengeance.»

Et de déplorer avec émotion: «Dans ce procès, il n'y a que des perdants, condamnés à perpétuité.»

*Prénom d'emprunt

Foule dense et émue

C'est une salle comble et souvent émue qui a assisté au second jour d'audience. Une salle composée notamment de jeunes gens, amis ou camarades de la jeune Marie.

Les plaidoiries ont quelquefois soulevé des murmures de réprobation, quelquefois arraché des larmes au public.

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