France - Arnaud Lagardère prêt à changer le groupe en SA
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FranceArnaud Lagardère prêt à changer le groupe en SA

Le groupe Lagardère a confirmé lundi qu’il étudiait sa transformation en société anonyme, ce qui ferait perdre à son patron Arnaud Lagardère le contrôle absolu du groupe.

Le patron Arnaud Lagardère est prêt à déverrouiller le contrôle de son groupe.

Le patron Arnaud Lagardère est prêt à déverrouiller le contrôle de son groupe.

AFP

Le groupe Lagardère a confirmé lundi qu’il étudiait sa transformation en société anonyme, un bouleversement de gouvernance qui ferait perdre à son patron Arnaud Lagardère le contrôle absolu du groupe hérité de son père, propriétaire d’Hachette Livre et de plusieurs médias dont Europe 1 et Paris Match. Le passage à une gouvernance plus classique marquerait le dénouement d’un conflit actionnarial entamé il y a plusieurs années.

Selon des médias dont «Le Point» et «Les Echos», les actionnaires du groupe, à savoir Arnaud Lagardère, Bernard Arnault (Groupe Arnault), Vincent Bolloré (Vivendi), Joseph Oughourlian (Amber Capital) et le fonds souverain du Qatar, sont sur le point de parvenir à un accord, après plusieurs mois de tractations, et un conseil de surveillance pour entériner le changement pourrait avoir lieu dès lundi ou cette semaine.

«Lagardère SCA confirme qu’elle étudie actuellement un projet de transformation en société anonyme, au sujet duquel des discussions sont en cours entre elle et ses principaux actionnaires», selon un communiqué du groupe diffusé lundi matin. La fin de ce statut atypique, rempart contre les prises de contrôle actionnarial et qui donne aux associés-commandités un pouvoir quasi total, est une demande de longue date du plus fervent détracteur d’Arnaud Lagardère, le fonds britannique Amber Capital.

Peu après l’ouverture de la Bourse de Paris, le titre Lagardère s’envolait de plus de 7%, signe que le marché réagissait favorablement à la perspective de voir le groupe redevenir «opéable». Cependant, dans ce dossier qui a connu de multiples revirements, «il n’y a pas de certitude quant à l’aboutissement des discussions en cours», indique le communiqué de Lagardère. Arnaud Lagardère s’était montré en octobre ouvert à une décommandite, à condition que les actionnaires ne cherchent pas à avoir son «scalp».

Pas de démantèlement?

Selon la presse, à ce stade des négociations, l’héritier de Jean-Luc Lagardère aurait accepté de renoncer à ce statut protecteur en l’échange d’un poste de PDG jusqu’en 2026 et l’équivalent d’environ 200 millions d’euros en nouvelles actions. Il détient aujourd’hui 7% des parts. Mais les négociations portent aussi sur le devenir des actifs du groupe.

Vincent Bolloré, aux manettes de Vivendi – entré au capital de Lagardère il y a un an et devenu depuis son premier actionnaire –, ne cache pas son intérêt pour la radio Europe 1 et la branche d’édition qu’il pourrait marier à Editis. Bernard Arnault, qui s’est associé l’année dernière à Arnaud Lagardère, est réputé intéressé par le magazine «Paris Match» et l’hebdomadaire le «JDD», voire le réseau de boutiques dans les gares et aéroports.

Sous le coup de la crise sanitaire, le groupe Lagardère a creusé sa perte en 2020, qui atteint 660 millions d’euros. Le chiffre d’affaires global s’est effondré de 38% sur l’année. Il doit publier mardi matin son chiffre d’affaires sur le premier trimestre 2021.

(AFP)

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