France: Arnault lâche une bombe dans le débat fiscal
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FranceArnault lâche une bombe dans le débat fiscal

Bernard Arnault, 1e fortune de France, a annoncé samedi avoir «sollicité la double nationalité franco-belge», démarche qui a fait son effet en plein débat sur la taxe à 75% des très hauts revenus.

Quatrième fortune mondiale et première de France et d'Europe dans le classement du magazine Forbes, le milliardaire a affirmé avoir «sollicité la double nationalité franco-belge» à seule fin de développer ses investissements personnels dans le pays.

«Contrairement aux informations publiées ce jour, M. Bernard Arnault précise qu'il est et reste résident fiscal français», ont assuré ses services dans un communiqué diffusé suite à la révélation par le quotidien La Libre Belgique d'une demande de naturalisation déposée à Bruxelles.

«L'obtention éventuelle de la double nationalité franco-belge ne change rien à cette situation, ni à sa détermination de poursuivre le développement du groupe LVMH et les créations d'emplois qui en sont la conséquence en France», souligne le texte.

«Le dossier sera traité comme tous les autres»

«Le groupe LVMH embauche, chaque année, plusieurs milliers de personnes en France et ce depuis plus de 20 ans», rappelle-t-il en faisant valoir que le numéro un mondial du luxe «contribue massivement aux exportations françaises». M. Arnault a déposé sa demande la semaine dernière, selon Georges Dallemagne, le président de la commission des naturalisations de la Chambre des représentants, une des deux chambres du Parlement belge.

«Le dossier sera traité comme tous les autres. Il y en a 47.000 sur notre table», a déclaré ce dernier à La Libre Belgique en expliquant que les postulants doivent notamment «prouver trois ans de résidence en Belgique» ou a minima «des attaches véritables avec» le royaume. Avant Bernard Arnault, d'autres Français fortunés comme la légende du rock Johnny Halliday se sont heurtés à ces conditions.

Bien que résident à Paris, M. Arnault dispose aussi d'un domicile à Bruxelles, selon La Libre Belgique. Les services du milliardaire ont rappelé pour leur part que «M. Arnault, originaire du Nord de la France, a de nombreux liens avec la Belgique tant sur le plan personnel et familial que sur le plan professionnel».

Hollande: «J'ai pris des engagements et ils seront tenus»

«Son groupe privé (Groupe Arnault) a de nombreux investissements en Belgique, et entend les développer. C'est dans cette perspective que Monsieur Bernard Arnault a sollicité la double nationalité», ont-ils insisté. La révélation de sa requête risque d'enflammer le débat sur les projets fiscaux du gouvernement français, au moment où le président François Hollande a réaffirmé son intention de taxer à 75% les plus hauts revenus.

Soupçonnés de vouloir renier cette promesse phare de sa campagne, François Hollande et le gouvernement ont martelé vendredi qu'ils tiendraient tous leurs engagements fiscaux dans le budget 2013. «J'ai pris des engagements et ils seront tenus», a assuré le chef de l'Etat.

Premier à réagir samedi, le parti communiste a dénoncé une «lâche trahison» du patron de LVMH et appelé à «mettre hors d'état de nuire les dirigeants irresponsables et cupides».

Bernard Arnault avait réitéré son opposition connue à la taxe sur les hauts revenus, lors d'un entretien mercredi avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, relativisé par les deux parties comme relevant d'un dialogue régulier. Plusieurs spécialistes interrogés par La Libre Belgique rappelaient samedi que la fiscalité est plus avantageuse en Belgique qu'en France pour les grandes fortunes, notamment en raison d'une faible taxation du capital et de l'absence d'impôt sur la fortune, mais que c'est la résidence qui prime et non la nationalité.

Certains ont évoqué la possibilité que M. Arnault souhaite devenir Belge et se débarrasser de la nationalité française pour s'installer ensuite à Monaco. Proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy et libéral revendiqué, M. Arnault possède une fortune estimée à 41 milliards de dollars par Forbes. Après la victoire de la gauche en 1981, il s'était exilé aux Etats-Unis pendant trois ans. (afp)

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