France: Arrestations de sept jihadistes présumés

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FranceArrestations de sept jihadistes présumés

Six personnes soupçonnées de s'être rendues en Syrie ont été arrêtées mardi lors d'un coup de filet du contre-espionnage à Strasbourg (est de la France).

L'opération anti-jihadistes a été menée à Strasbourg, en France.

L'opération anti-jihadistes a été menée à Strasbourg, en France.

Sept djihadistes présumés de retour de Syrie ont été interpellés mardi matin à Strasbourg et placés en garde à vue, a-t-on appris de source judiciaire. Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait fait état dans la matinée de six interpellations.

De source judiciaire, on souligne que les sept interpellés, qui ont tous été placés en garde à vue, sont âgés de 23 à 25 ans. Les perquisitions n'ont pas permis de retrouver des armes ou des substances explosives à leurs domiciles.

Le gouvernement français a adopté fin avril un plan de prévention et de lutte contre les filières djihadistes. Il consiste notamment à fournir une écoute aux familles de jeunes séduits par des organisations violentes et à s'appuyer sur la coopération internationale.

Le ministère de l'Intérieur estime à 285 le nombre de Français engagés dans le conflit en Syrie aux côtés des islamistes combattant contre le régime de Bachar al Assad, soit «une hausse de 75% ces six derniers mois». Le dispositif mis en place par le gouvernement a permis d'enregistrer 24 signalements de Français tentés par le «djihad» en Syrie et de constater cinq départs effectifs.

L'exode des jeunes Français désireux d'aller combattre en Syrie s'est accéléré avec le retour d'une première génération qui s'efforce d'embrigader ses proches, déclarait en février à Reuters le juge antiterroriste Marc Trévidic.

Repéré sur la scène syrienne

Plus qu'un «émir des Français» comme il a pu être présenté, cet homme est considéré comme un propagandiste et un spécialiste de la logistique et du recrutement, expliquait récemment à l'AFP une source proche du dossier. Il gèrerait aussi le «transit» des jihadistes français d'un côté à l'autre de la frontière, utilisant un hôtel côté turc, selon une autre source. Egalement connu comme «Mourad al-Faransi» (Mourad le Français), il a été repéré sur la scène syrienne en juillet, précise une autre source proche du dossier.

L'opération mardi intervient après la mise en place d'un plan gouvernemental «antijihad» visant à dissuader les candidats d'aller combattre en Syrie et à empêcher des actes terroristes en France. «On me demande souvent ce qu'il advient», au retour, de ces jeunes partis en Syrie, et la réponse est claire, a souligné Bernard Cazeneuve. «Ils sont en lien avec une entreprise terroriste, ils sont arrêtés et remis à la justice».

En France, plusieurs dizaines de procédures judiciaires sont ouvertes contre des jihadistes présumés. Les services de renseignement redoutent qu'à leur retour certains ne commettent des actes terroristes. Ils craignent notamment l'émergence de nouveaux «Mohammed Merah», du nom de ce Franco-Algérien de 23 ans se réclamant d'Al-Qaïda qui avait froidement assassiné trois militaires, ainsi que trois enfants et un enseignant juifs en mars 2012, avant d'être tué par la police dans le sud-ouest de la France. Le plan inclut un numéro gratuit pour signaler des candidats au départ, la privation de passeport pour les jihadistes et une surveillance accrue des sites extrémistes.

Une guerre sans merci

Au niveau européen, neuf pays, dont la Belgique et la France, s'étaient réunis le 8 mai à Bruxelles avec des représentants des Etats-Unis, de la Turquie, du Maroc, de la Jordanie et de la Tunisie pour tenter d'endiguer ensemble le phénomène des jihadistes. Paris avait notamment évoqué un renforcement des échanges de données sur les passagers qui transitent par les aéroports européens et ceux situés en dehors de l'Union européenne. Quelque 780 personnes vivant en France sont parties pour la Syrie dans les rangs des groupes jihadistes, sont en route pour la Syrie ou en sont revenues. La mort d'une petite trentaine d'entre elles a été recensée.

Les jihadistes étrangers, notamment européens, sont souvent recrutés par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe ultra-radical accusé des pires atrocités dans le nord de la Syrie. Autrefois alliés contre le régime du président Bachar al-Assad, l'EIIL et les rebelles se livrent depuis des mois à une guerre sans merci. (afp)

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