Actualisé 31.03.2017 à 21:00

Schwytz

Arth-Goldau: nouveau hub des migrants illégaux

La police est intervenue près de 500 fois en 2016 dans la gare schwytzoise. Le gouvernement cantonal en a assez.

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dag/dmz
La gare schwytzoise est souvent investie par la police.

La gare schwytzoise est souvent investie par la police.

Keystone/urs Flueeler

La police cantonale schwytzoise a été appelée pas moins de 472 fois l'an passé à la gare d'Arth-Goldau car des migrants illégaux avaient été repérés dans le train. Le phénomène est même entré dans le jargon des agents locaux, comme les «cas perron». Au total, 739 personnes ont été interpellées. «Ce nombre a presque quintuplé en six ans», s'émeut le directeur de la sécurité schwytzois André Rüegsegger (UDC).

C'en est trop pour le politicien, qui appelle la Confédération à prendre ses responsabilités. «Je ne peux pas mettre autant de forces de travail pour gérer un problème que Berne est censé gérer», poursuit-il. Les policiers ont en effet été engagés pendant 2400 heures pour ces cas, ce que l'élu considère comme des «dépenses inutiles».

Davantage de personnel fédéral

«Les efforts consentis à la frontière sud pour éviter la migration illégale ne suffisent pas pour que tous les trains soient contrôlés», regrette André Rüegsegger. Et ce sont les cantons qui en paient le prix. Si des migrants sont découverts par les gardes-frontières ou la police ferroviaire dans les trains, ce sont les polices cantonales qui les réceptionnent. Ils sont ensuite enregistrés puis renvoyés vers les centres fédéraux à Kreuzlingen (TG) et Chiasso (TI).

Lassé, le conseiller d'Etat en vient même à envisager un coup d'éclat: envoyer la facture aux autorités fédérales, explique-t-il au «Bote der Urschweiz». Contactée, l'Administration fédérale des douanes ne souhaite pas commenter son dispositif, «pour des raisons tactiques.» Elle précise simplement que ses contrôles ne dépendent pas des lieux mais d'une analyse des risques.

La Fédération suisse des fonctionnaires de police, elle, souligne que la problématique ne concerne pas que la Suisse centrale, mais tout le pays. Sa présidente se demande s'il ne serait pas judicieux d'élargir les compétences des gardes-frontières et de la police ferroviaire.

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