Actualisé 26.04.2008 à 15:14

Article constitutionnel sur la santé: la base du PDC dit non

Réunie à Belp, la base du PDC a infligé un camouflet à ses dirigeants. Par 165 voix contre 63, les délégués ont dit «non» à l'article constitutionnel sur l'assurance maladie, en votation le 1er juin.

Ils ont suivi les Romands et les directeurs cantonaux de la santé.

«L?argent de vos impôts sera versé aux caisses maladie sans aucun contrôle»: l'argument brandi par le conseiller d'Etat de Bâle- Ville Carlo Conti a porté. De nombreux orateurs se sont inquiétés du transfert des pouvoirs aux assureurs.

En vain, le conseiller aux Etats Philipp Stähelin (PDC/TG) s'est fendu d'un plaidoyer pour davantage de concurrence dans le système de santé. Un «non» à l?article constitutionnel accroîtrait l?emprise de l?Etat sur le secteur de la santé, a-t-il averti, sans succès.

Pas de naturalisations par les urnes

Par 272 voix contre 13, les délégués ont également rejeté l?initiative de l?UDC «Pour des naturalisations démocratiques». Les naturalisations ne relèvent pas seulement de la démocratie, mais aussi du droit, a rappelé le conseiller aux Etats Hansheiri Inderkum (PDC/UR). La constitution fédérale interdit l?arbitraire et la discrimination; elle garantit des voix de recours pour la personne dont la demande est refusée, a-t-il insisté.

Attention, les décisions populaires en matière de naturalisations sont souvent prises sous le coup de l?émotion et non sur la base de faits, a mis en garde la conseillère fédérale Doris Leuthard. La famille démocrate-chrétienne ne parle toutefois pas d?une seule voix. Des PDC ont rejoint un comité bourgeois en faveur de l?initiative, comme le conseiller national Thomas Müller (PDC/SG).

Par ailleurs, le comité du PDC, auquel la consigne de vote était déléguée, a rejeté vendredi l?initiative dite muselière à l?unanimité. «Les muselières, c?est pour les chiens qui mordent. Le Conseil fédéral ne mord pas, il explique», a dit Doris Leuthard.

«Parti du centre»

Face aux autres partis, le PDC continue de tailler des croupières au PRD en chassant sur ses terres. «Parti du centre», les démocrates-chrétiens se profilent aussi comme celui de l'économie et de l'ouverture. Ils revendiquent un rôle de leader dans le domaine des relations bilatérales avec l'UE.

Appelant à une large coalition de «toutes celles et ceux qui s?engagent pour l?emploi et la prospérité», le président du PDC Christophe Darbellay a dit son parti prêt à «piloter une campagne musclée» en faveur de l?extension de la libre-circulation. Pour l?emporter, il faut «prendre au sérieux» les peurs de la population face à une conjoncture qui s?assombrit.

Attaques contre Fulvio Pelli

M. Darbellay s?en est pris à son homologue radical Fulvio Pelli, accusant le PRD de s'être agenouillé sous la menace de l'UDC. Et de le mettre en garde contre une alliance avec ce parti: «un deuxième siège PRD te sera certainement garanti si tu participais à éjecter les socialistes du Conseil fédéral.» Mais ce serait «la fin de la concordance, la fin de la Suisse».

Enfin, le PDC a élargi sa présidence, qui passe de sept à onze sièges. Les six sortants ont été réélus. Les nouveau élus sont la jeune PDC Patricia Mattle (SG), les conseillers nationaux Pirmin Bischof (SO), Kathrin Amacker (BL) et Barbara Schmid-Federer (ZH). Comme président du groupe parlementaire, Urs Schwaller (FR) était élu d?office. (ats)

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