Genève: Artiste fâché par la pub enveloppant son oeuvre
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GenèveArtiste fâché par la pub enveloppant son oeuvre

La chaise cassée située devant l'ONU a été le support d'une campagne de pub en février. Pour son créateur, le symbole a été dénaturé.

par
Julien Culet
La publicité mettant en scène Titeuf a été retirée la semaine passée.

La publicité mettant en scène Titeuf a été retirée la semaine passée.

D.Berset

Le dossier de la Broken Chair a été recouvert par une grande publicité en février. L'artiste à l'origine de l'oeuvre fustige cette opération, présentant la nouvelle identité visuelle de Handicap International. Car, s'il a vendu la chaise à l'ONG, il en conserve les droits d'auteur. «J'ai aussi signé une convention. On doit me demander la permission mais ce n'est jamais le cas. Là, c'est un ami qui m'a prévenu», regrette Daniel Berset, qui a créé la chaise cassée en 1997.

S'il ne nie pas le bien fondé de l'opération et reconnaît le travail de l'ONG sur le terrain, il estime que cette publicité ne respectait pas ce symbole. La bâche a été retirée après l'envoi d'une lettre. Maintenant, l'artiste souhaite étendre le débat. «Il y a une certaine dérive. On ne doit pas dénaturer les oeuvres», juge-t-il. Le conseiller municipal Pierre Gauthier a déposé un projet de motion demandant à la Ville de Genève d'interdire toute «dégradation» temporaire à des fins publicitaires des ouvres d'art exposées sur le domaine public. «Il faut que les autorités évitent de transformer ce patrimoine en support de pub», estime l'élu du Parti Radical de Gauche.

La Ville ne délivrera plus d'autorisation

Handicap International avait demandé une autorisation au Département genevois de l'environnement urbain. Celui-ci y avait répondu favorablement. S'agissant d'une campagne contre les mines antipersonnel, «la Ville pensait de bonne foi que cela faisait sens d'utiliser cette oeuvre dans ce contexte», indique Cédric Waelti, porte-parole. Ce dernier précise que «étant donné la position de l'artiste, le Conseil administratif a pris la décision d'interdire toute nouvelle banderole».

Contactée, l'ONG ne fait pas mention de la pub controversée. Sa directrice pour la Suisse déclare que «à chaque fois que nous parlons de Broken Chair, Daniel Berset est systématiquement mentionné comme étant l'artiste qui en est l'auteur».

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