Syrie: Assad mis au défi d'appliquer le plan Annan
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SyrieAssad mis au défi d'appliquer le plan Annan

En réunion à Bagdad jeudi, les dirigeants des pays arabes ont soutenu le plan présenté par Kofi Annan, mais se sont divisés sur un éventuel armement des opposants au régime.

Les dirigeants des pays arabes étaient réunis jeudi à Bagdad pour un sommet

Les dirigeants des pays arabes étaient réunis jeudi à Bagdad pour un sommet

Les dirigeants arabes réunis à Bagdad ont affiché jeudi leur compassion pour le peuple syrien. Ils ont mis le président syrien Bachar al-Assad au défi d'appliquer le plan de paix de Kofi Annan. Mais sur le terrain, les violences n'ont pas faibli, faisant au moins 36 morts.

Les dirigeants arabes sont apparus divisés sur la question d'armer la rébellion en Syrie. «La solution à cette crise reste entre les mains des Syriens, gouvernement comme opposition», a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elarabi.

L'Arabie saoudite et le Qatar, partisans de l'envoi d'armes à l'opposition, ont boudé la réunion en n'y envoyant que des responsables de second rang. Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki s'est lui montré fermement opposé à cette idée.

Prudence de l'Irak

«D'après notre expérience en Irak, armer les deux camps dans le conflit va conduire à une guerre régionale et internationale par procuration en Syrie», a indiqué M. al-Maliki. Cela «préparera le terrain pour une intervention armée étrangère en Syrie, ce qui porterait atteinte à la souveraineté d'un pays arabe frère», a-t-il ajouté.

A l'exception de la Tunisie, aucun pays n'a appelé directement à un départ de Bachar al Assad lors du premier sommet de la Ligue arabe organisé à Bagdad depuis 1990.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, n'en a pas moins maintenu la pression sur M. Assad, l'exhortant à mettre en oeuvre le plan Annan afin de détourner son pays d'une «trajectoire dangereuse» pour toute la région.

M. Assad a rétorqué que son pays avait accepté ce plan «tout en exprimant des remarques» sur son contenu, dans un message adressé au sommet des pays émergents des BRICS tenu à Delhi et repris par l'agence officielle Sana. Il a appelé «les Etats qui soutiennent les groupes armées en leur fournissant de l'argent et des armes» à «cesser de le faire immédiatement».

«Transfert pacifique de l'autorité»

Dans la «déclaration de Bagdad», adoptée à l'issue du sommet, les chefs arabes soutiennent «le légitime désir de liberté et de démocratie du peuple syrien qui souhaite choisir son avenir, et appuient un transfert pacifique de l'autorité».

«Ils dénoncent les violences, les meurtres et l'effusion de sang, se prononcent en faveur d'une solution politique par des négociations nationales, refusent l'ingérence étrangère dans la crise syrienne».

Ils appuient «la mission de Kofi Annan pour entamer des négociations politiques entre le gouvernement et l'opposition syriens sur la base de l'initiative» approuvée par le Conseil de sécurité et la Ligue arabe.

Le plan de paix présenté par l'émissaire ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan prévoit notamment la cessation des violences par toutes les parties, la fourniture d'aide humanitaire et la libération des personnes détenues arbitrairement.

Syrie absente de Bagdad

Suspendue des instances de la Ligue arabe en novembre, la Syrie ne participe au sommet de Bagdad. Elle a prévenu qu'elle n'accepterait aucune initiative émanant de l'organisation panarabe mais traiterait avec les Etats individuellement.

Sur le terrain, l'armée syrienne poursuivait jeudi ses opérations contre les rebelles. Au moins 21 civils syriens ont été tués dans les provinces d'Alep, Idleb, de Homs et de Hama, où 14 militaires et un rebelle ont également péri, selon une ONG syrienne.

Deux journalistes freelance, dont un Britannique d'origine algérienne, ont par ailleurs été tués lundi à la frontière syro- turque par l'armée syrienne, a indiqué Reporters sans frontières. L'ONU évaluent à 9000 morts le bilan de la répression en Syrie.

Inquiétude de l'ONU

Des experts de l'ONU et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) ayant participé à une mission d'évaluation en Syrie ont conclu que plus d'un million de Syriens avaient besoin d'aide humanitaire, a indiqué jeudi l'ONU. Ces personnes ont besoin en priorité de nourriture, d'abri et d'assistance médicale.

La Belgique a annoncé jeudi la fermeture de son ambassade de Damas en raison de l'aggravation de la situation. (ats)

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