Actualisé 22.01.2014 à 17:24

Montreux (VD)«Assad ne partira pas»

La question du sort du président syrien a plané sur toute la conférence de paix de Genève II, mercredi. Il «ne partira pas», a martelé le ministre syrien de l'Information.

La première rencontre entre dignitaires du régime syrien et opposants en exil visant à enrayer le cycle des violences en Syrie a été marquée mercredi par une guerre des mots et par une impossibilité à se mettre d'accord sur le sort de Bachar al-Assad. Réunis sur les bords du Lac Léman, la quarantaine de représentants de pays et d'organisations n'ont pas attendu longtemps avant de constater que le fossé restait gigantesque entre le régime de Bachar al-Assad et l'opposition syrienne en exil.

Ouvrant la conférence, prélude à des négociations entre les seules délégations syriennes dès vendredi à Genève, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rappelé à tous l'enjeu de la rencontre, synonyme «d'espoir» après trois ans d'affrontements meurtriers. «Tous les Syriens ont les regards tournés vers vous aujourd'hui», a-t-il dit en s'adressant aux deux délégations syriennes qui se faisaient face à quelques mètres de distance.

Le ton monte avec John Kerry

La Russie et les États-Unis, qui ont œuvré en coulisses pour la tenue de cette conférence, ont également appelé les Syriens à saisir une opportunité «historique», le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, prévenant que les négociations ne seraient «ni simples, ni rapides». Mais avec l'intervention du secrétaire d'État américain John Kerry, le ton a changé. «Bachar al-Assad ne prendra pas part au gouvernement de transition. Il est impossible, inimaginable, que cet homme qui a mené une telle violence contre son propre peuple puisse conserver la légitimité pour gouverner», a-t-il lancé.

Piqué au vif, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, lui a répondu vertement: «Monsieur Kerry, personne au monde n'a le droit de conférer ou de retirer la légitimité à un président (...) sauf les syriens eux-mêmes». La question du sort de M. Assad, au centre de tous les débats depuis le début du mouvement de contestation en mars 2011, a plané sur toute la conférence. Russes et Américains continuent ainsi de s'opposer sur l'interprétation des principes édictés en juin 2012 lors de la conférence de Genève I. Les Occidentaux parlent de formation d'un gouvernement de transition sans Bachar al-Assad, une condition que réfutent les Russes et les Syriens pro-Assad.

«Assad ne partira pas»

Faisant irruption dans la salle de presse où travaillent des centaines de journalistes après les commentaires des Occidentaux exigeant le départ d'Assad, le ministre syrien de l'Information a martelé le credo du régime. «Assad ne partira pas», a lancé Omrane al-Zohbi. Le discours de Walid Mouallem a aussi été l'occasion d'une vive passe d'armes entre le secrétaire général de l'ONU et le ministre syrien des affaires étrangères. Le responsable syrien, à l'instar du chef de l'opposition, avait dix minutes de temps de parole. Mais après 20 minutes de discours, Ban Ki-moon s'est décidé à interrompre M. Mouallem qui restait sourd aux sonnettes répétées lui demandant de conclure. «Vous vivez à New York et moi je vis en Syrie, j'ai le droit de donner la version syrienne ici devant ce forum», a lancé M. Mouallem au patron des Nations unies.

La remarque n'a pas plu au secrétaire général de l'ONU qui rappellera à M. Mouallem, enfin silencieux après 35 minutes de discours, que son intervention était contraire à «l'atmosphère constructive» qu'il avait appelée de ses vœux à l'ouverture de la conférence. Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a également qualifié les représentants de l'opposition assis en face de lui de «traîtres» et d'«agents à la solde des ennemis» de la Syrie. Le choix de cette «rhétorique incendiaire» par le régime syrien a été rapidement dénoncé par un communiqué de la porte-parole du Département d'État, Jen Paski. Pour sa part le chef de la délégation de l'opposition, Ahmad Jabra, a appelé le président Bachar el-Assad à remettre son pouvoir à un gouvernement de transition, conformément à la déclaration de Genève I. (ats/afp)

Burkhalter veut des effets immédiats

Il faut que cette conférence de Montreux ait des effets tangibles et immédiats sur le terrain. Il faut une feuille de route avec un calendrier de mesures, a affirmé mercredi le président de la Confédération Didier Burkhalter à l'ouverture de la conférence sur la Syrie. «Si la volonté est là, c'est possible», a déclaré le chef du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) Didier Burkhalter à l'ouverture de la conférence Genève 2. «Nous saluons tous ceux et celles qui ont trouvé le chemin de la Suisse pour parler et dépasser les antagonismes. Votre présence ici est un signe fort et un début prometteur», a déclaré le président de la Confédération. Il a assuré les participants du «soutien inlassable» de la Suisse «dans un processus difficile et d«une nécessité brûlante».

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