Syrie: Assad se présente pour un 3e mandat
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SyrieAssad se présente pour un 3e mandat

Bachar al-Assad a annoncé lundi sa candidature à la présidentielle syrienne qu'il devrait remporter sans surprise, faisant fi de l'opposition des Occidentaux à ce scrutin.

M. Assad, dont la famille est au pouvoir depuis plus de 40 ans, est bien décidé à diriger le pays pour un nouveau septennat, en dépit de trois ans de guerre ayant fait 150'000 morts et contraint la moitié de la population à la fuite. Le scrutin a d'ores et déjà été qualifié de «farce» et de «parodie de la démocratie» par l'opposition en exil et les pays occidentaux.

«Moi, le citoyen Bachar Hafez al-Assad souhaite me porter candidat au poste de président de la République syrienne, espérant que le Parlement l'acceptera», a-t-il indiqué dans une lettre lue par le président du Parlement Mohammad al-Lahham.

M. Assad, dont la famille est au pouvoir depuis plus de 40 ans, est le septième candidat à se présenter, dont une femme, dans ce qui est en théorie la première présidentielle depuis plus d'un demi-siècle. M. Assad et son père Hafez, qui avait dirigé la Syrie d'une main de fer de 1970 à 2000, ont été nommés à l'issue de référendums.

Mais l'issue du scrutin est prévisible, car il se déroulera dans les zones fermement contrôlées par le régime, soit 40% du territoire où vivent 60% de la population, selon le géographe français spécialiste de la Syrie Fabrice Balanche.

Droit de vote restreint

La Commission électorale trouvera les «solutions adéquates» pour les citoyens qui résident dans les régions touchées par la violence, a toutefois précisé le président de cette instance, Hicham Chaar, tout en précisant que les autorités avaient restreint le droit de vote pour les Syriens réfugiés dans les pays voisins.

Cité lundi par la quotidien «al-Watan», proche du régime, M. Chaar a expliqué que «les Syriens ayant quitté la Syrie d'une manière illégale n'ont pas le droit de voter dans les pays hôtes». Mais «la loi électorale autorise aux Syriens résidant à l'étranger de voter, si leur séjour est légal», a-t-il ajouté.

Ainsi sur plus d'un million de réfugiés, près de 88% sont entrés légalement par Masnaa, le poste-frontière avec le Liban et peuvent donc participer au vote, selon les organisations humanitaires. Si c'est également le cas en Jordanie, cela exclut de fait la grande majorité de ceux qui se trouvent en Turquie et en Irak.

Selon M. Chaar, «le territoire syrien est ouvert à tout citoyen syrien désirant exercer son droit au vote, notamment ceux qui séjournent dans les pays voisins».

«Farce» critiquée

L'opposition et l'Occident ont déjà qualifié de «farce» ce scrutin, qui doit aboutir à la réélection du président Bachar al-Assad, alors que le conflit en Syrie a fait plus de 150'000 morts et plus de neuf millions de réfugiés et de déplacés.

Les six «concurrents» d'Assad, dont une femme, sont de parfaits inconnus, car début mars, le Parlement a voté une loi qui exclut de facto une candidature des opposants en exil.

Au final, il ne devrait rester en lice que deux postulants face à Bachar al-Assad, car la loi électorale précise que les candidats doivent obtenir la signature de 35 députés. Or il n'y a que 90 députés «indépendants» sur les 250 parlementaires car le reste appartient au parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle.

Pas d'applaudissements

Pour sa part, le régime veut donner toutes les apparences d'une élection présidentielle «libre et transparente». Ainsi, chose inédite, lors de l'annonce de la candidature de M. Assad, les députés ne se sont pas levés, comme à l'accoutumée, pour applaudir et scander des slogans en sa faveur.

En outre, le président Assad, cité par la présidence, a demandé «à l'ensemble des citoyens syriens de s'abstenir de tirer en l'air en signe de joie, quelle que soit l'occasion, d'autant plus que la Syrie va connaître les premières élections de son histoire moderne».

Mais aussitôt après l'annonce, la télévision a fait état de deux rassemblements notamment à la sortie d'une école à Damas où une journaliste de l'AFP a vu des dizaines de jeunes scandant des slogans favorables à Bachar al-Assad. (afp)

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