Mexique: Assassinat d’une journaliste: ex-maire arrêté pour complicité
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MexiqueAssassinat d’une journaliste: ex-maire arrêté pour complicité

Miroslava Breach, originaire de Chinipas, a reçu huit balles dans la tête le 23 mars 2017, alors qu’elle quittait sa maison pour emmener son fils à l’école.

Hommage à Miroslava Breach.

Hommage à Miroslava Breach.

AFP

Un ancien maire de l’État de Chihuahua, dans le nord du Mexique, a été arrêté jeudi pour «complicité» dans l’assassinat en 2017 de la journaliste Miroslava Breach, a indiqué le bureau du procureur général.

Un tribunal de Chihuahua «est parvenu à établir la probable responsabilité» d’Hugo Amed Shultz, ancien maire de la municipalité de Chinipas, pour avoir «recherché et fourni des informations à un groupe du crime organisé qui a ordonné et exécuté le meurtre», a déclaré le bureau du procureur dans un communiqué, sans apporter plus de détails.

Pour ce crime, un juge fédéral a condamné à 50 ans de prison Juan Carlos Moreno, dit «El Larry», accusé d’être l’un des auteurs matériels du meurtre de la journaliste spécialisée dans les questions de droits de l’homme, de trafic de drogue et de corruption.

Lors de l’audition de Juan Carlos Moreno, il a été révélé que des politiciens avaient enregistré des conversations téléphoniques avec la journaliste, correspondante du quotidien La Jornada, qui auraient été remises à Hugo Amed Shultz, membre du Parti d’action nationale (PAN, conservateur).

Pression

L’ancien maire de Chinipas, «avec le soutien des anciens dirigeants du PAN dans l’État de Chihuahua, a fait pression sur Miroslava Breach pour qu’elle révèle ses sources concernant un reportage qui indiquait que des membres de diverses organisations criminelles (…) étaient candidats à des fonctions électives», a indiqué «La Jornada» jeudi après l’arrestation d’ Hugo Amed Shultz.

La journaliste, originaire de Chinipas, a reçu huit balles dans la tête le 23 mars 2017, alors qu’elle quittait sa maison pour emmener son fils à l’école.

Le Mexique est considéré comme l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, avec plus d’une centaine d’assassinats depuis 2000, dont sept cette année. Plus de 90% de ces crimes restent impunis, selon les organisations de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) et Article 19. Le dernier meurtre en date est celui d’Israel Vazquez du quotidien «El Salmantino». Des inconnus ont ouvert le feu sur lui le 9 novembre alors qu’il couvrait la découverte de restes humains dans l’État violent de Guanajuato.

(AFP/NXP)

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