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CriméeAssaut et tirs contre une base ukrainienne

Des véhicules blindés ont donné l'assaut contre une base ukrainienne, à Belbek, samedi après-midi.

Des véhicules blindés russes ont pénétré samedi dans une base ukrainienne en Crimée, au milieu de rafales d'armes automatiques tirées en l'air, alors que des hommes armés se sont emparés du navire de commandement ukrainien Slavoutitch. Sur le volet politique, Russes et Américains vont évoquer la semaine prochaine la situation en Ukraine.

Un véhicule armé a forcé l'entrée de la base de Belbek, près de Sébastopol, où un homme a pointé son arme sur les soldats ukrainiens. Une ambulance a également été vue sur place.

Le commandant de la base, le colonel Iouliy Mamtchour, a souligné qu'un soldat ukrainien avait été blessé et que lui-même était emmené par les Russes dans un lieu inconnu pour des discussions.

Quelque deux cents hommes sans armes ont par ailleurs envahi la base aérienne de Novofedorivka, dans l'ouest de la péninsule, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.

Discussion

Criant «Russie! Russie!», les assaillants sont entrés dans la base et ont commencé à casser les fenêtres. Des militaires ukrainiens se sont barricadés à l'intérieur des bâtiments et ont lancé des fumigènes sur les intrus à partir des toits.

Des officiers russes regardaient de l'extérieur les militants amener le drapeau ukrainien et hisser celui, blanc et bleu, de la marine russe.

Un officier de l'armée russe est ensuite entré dans le bâtiment pour négocier avec les Ukrainiens, tandis que la foule des manifestants a été invitée à s'en aller.

Et un groupe d'hommes armés s'est emparé du navire de commandement Slavoutitch, à l'ancre à Sébastopol, a dit le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense en Crimée, Vladislav Seleznev.

La veille, des marins russes ont pris le contrôle du seul sous-marin ukrainien en Crimée, le Zaporijia, et l'ont remorqué vers la base russe de Sébastopol.

Rencontre attendue

Ces derniers jours, plusieurs autres bases et navires ukrainiens ont subi le même sort, les militaires ukrainiens cédant sans combattre devant les forces russes et pro-russes.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov discutera à cet égard au début de la semaine prochaine de la situation en Ukraine avec son homologue américain John Kerry, selon une source au ministère russe des Affaires étrangères.

«Une rencontre entre Lavrov et Kerry est prévue en marge du sommet de La Haye», qui aura lieu lundi et mardi, a indiqué cette source, citée par l'agence de presse Interfax, précisant qu'ils discuteraient de «la crise de politique intérieure en Ukraine».

Ce sommet des chefs d'Etat des grandes puissances du G7 a été convoqué à l'initiative du président américain Barack Obama pour parler de l'Ukraine. Le président de la Confédération Didier Burkhalter, président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), doit aussi participer à cette réunion.

Steinmeier et Harper

Le gouvernement de Kiev a obtenu le soutien de deux grands pays occidentaux, recevant le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier et le Premier ministre canadien Stephen Harper.

Le ministre allemand a rencontré le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

Les deux hommes ont discuté d'une éventuelle aide technique que l'Allemagne pourrait apporter aux forces armées ukrainiennes, a indiqué le chef du gouvernement ukrainien.

Il a ajouté avoir abordé avec son interlocuteur de possibles livraisons de gaz par l'Europe de l'Ouest à l'Ukraine, pour garantir la sécurité énergétique de ce pays. Le chef de la diplomatie allemande s'est par ailleurs ensuite rendu à Donetsk.

Manifestation dans l'Est

Le Premier ministre canadien, dont le pays abrite un million de personnes d'origine ukrainienne, la troisième communauté de la diaspora, a mis en garde contre l'impact que l'affaire de la Crimée risquait d'avoir sur la course aux armements.

Le ministère ukrainien de la Défense a lui par ailleurs affirmé samedi que les soldats rentrant de Crimée seraient bien accueillis et ne seraient pas traités comme des déserteurs mais comme des anciens combattants et de «véritables héros».

Le ministère précise qu'il cherche à combattre la désinformation à ce sujet «diffusée activement par les services de sécurité russes». Un marin en Crimée a déclaré vendredi à l'AFP craindre des poursuites s'il rentrait en Ukraine.

Kiev doit aussi faire face à l'agitation séparatiste pro-russe dans l'Est de l'Ukraine. Au total, quelque 4000 personnes ont manifesté samedi à Donetsk, brandissant des drapeaux russes et demandant le retour du président déchu Viktor Ianoukovitch. (ats)

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