Actualisé 23.04.2008 à 10:15

Assemblée de l'UBS: «Le pire est passé»

Ebranlée par la tempête des subprimes, l'UBS veut tourner la page. «Le pire est passé», a déclaré Marcel Ospel en assemblée générale.

Les dirigeants de la première banque helvétique ont affiché mercredi leur confiance dans les mesures prises pour retrouver la voie du succès lors de l'assemblée générale. Le président désigné Peter Kurer a détaillé la nouvelle organisation du conseil d'administration, avec en toile de fond un principe: prudence en matière de risque et gestion rigoureuse des capitaux. Son prédécesseur Marcel Ospel estime que le pire est passé.

Après avoir englouti 40 milliards de francs dans la crise des crédits hypothécaires à risques aux Etats-Unis, l'UBS est en passe de reprendre pied, selon les discours du patron Marcel Rohner, de Peter Kurer et de Marcel Ospel. «Il s'agissait simplement d'une mauvaise tempête qui a déchiré notre voilure, mais qui n'est pas parvenue à nous faire dévier de notre cap. Enfin, nous avons repris le cap face au vent», a déclaré Marcel Ospel, qui abandonne la présidence du conseil d'administration après avoir passé sept ans à sa tête. A ses yeux, les plus grosses difficultés sont désormais derrière.

Son successeur désigné, le chef juriste Peter Kurer, a présenté la mise en place d'un gouvernement d'entreprise susceptible de mener la banque vers la réussite. «Le conseil d'administration et moi-même savons qu'il faut tourner la page», a-t-il déclaré.

Pour cela, il convient d'abord de distinguer clairement entre le rôle et la responsabilité du conseil d'administration, d'une part, et la direction exécutive exercée par le directoire, d'autre part. Le conseil d'administration devra être une instance stratégique active qui surveille la direction, notamment en matière de risques.

Un nouveau comité des risques sera par ailleurs instauré, présidé par David Sidwell, ancien banquier chez Morgan Stanley. Il analysera systématiquement et en permanence les portefeuilles de la banque. Il veillera à ce que des processus appropriés de contrôle des risques soient appliqués, y compris la révision interne en la matière.

Discipline

Peter Kurer veut également étendre les compétences du comité de nomination en y intégrant les questions de gouvernement d'entreprise. Le comité comprend notamment Ernesto Bertarelli et Sergio Marchionne.

Un comité des ressources humaines et des rémunérations sera créé. Il sera responsable désormais aussi de la planification de la relève et du recrutement de candidats externes. Il fixera la rémunération des membres du conseil d'administration.

Peter Kurer a précisé tenir au modèle d'affaires intégré, mais selon une formule allégée. L'allocation de capitaux devra être beaucoup plus disciplinée à l'avenir. La prudence sera de mise en matière de risque. «Elle doit retrouver une parfaite cohérence par rapport aux exigences de notre activité principale, la gestion de fortune». La stratégie fera encore l'objet d'une analyse avec les administrateurs externes Ernesto Bertarelli, Sergio Marchionne et Peter Voser ces prochains mois. «Nous saurons tirer les enseignements des événements récents et faire entrer notre banque dans une ère nouvelle», a assuré Peter Kurer.

Plus simple et plus clair

Dans son discours, le patron d'UBS Marcel Rohner est quant à lui revenu sur le résultat «catastrophique» de l'an dernier. Il a reconnu les erreurs de la banque, notamment un manque de simplicité et de distance critique. Il a admis que l'utilisation de l'excédent de trésorerie provenant de la gestion de fortune pour favoriser la croissance organique de la banque d'affaires était une erreur.

Autre leçon tirée: la banque ne doit pas céder à la tentation visant à privilégier la croissance bénéficiaire à court terme. Copier la concurrence n'était pas la bonne solution. Marcel Rohner a souligné la nécessité de simplifier les processus de décision et de définir plus clairement les responsabilités dans le domaine du contrôle du risque.

(ap)

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