Vaud: Assistant policier licencié: il voyait et entendait mal
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VaudAssistant policier licencié: il voyait et entendait mal

Engagé par Police Riviera, un quadragénaire avait caché ses handicaps. Il contestait son renvoi mais vient d'être débouté.

par
Christian Humbert
Les amendes de stationnement ne sont qu'une partie du travail à effectuer. Et une telle fonction nécessite, entre autres, de pouvoir interagir avec ses collègues.

Les amendes de stationnement ne sont qu'une partie du travail à effectuer. Et une telle fonction nécessite, entre autres, de pouvoir interagir avec ses collègues.

Sebastien Anex/lematin.ch

Sourd de naissance et déficient visuel: tels sont les handicaps d'un quadragénaire équipé de prothèses auditives. Mais ceux qui l'ont engagé, en octobre 2018, au poste d'assistant de sécurité à Police Riviera n'y ont vu que du feu. Et l'homme s'est bien gardé de le mentionner dans sa déclaration de santé. À la question «Souffrez vous d'un handicap sensoriel sérieux?», le candidat a répondu par la négative, quand bien même il était précisé qu'une fausse déclaration entraînerait un licenciement pour justes motifs.

Des doutes sur ses capacités auditives et visuelles sont apparus dès son entrée en fonction. L'assistant a donc subi un test de l'ouïe en janvier 2019: celui-ci a confirmé une surdité de 90% à l'oreille gauche et de 30% à la droite. Le comité de l'Association Sécurité Riviera a donc résilié son contrat pour rupture du lien de confiance.

Pas une discrimination, selon le Tribunal

S'appuyant sur des avis médicaux et épaulé par Inclusion Handicap, le quadragénaire a saisi le Tribunal cantonal, s'estimant discriminé. Rien de tel, ont estimé les juges: c'est son mensonge lors de sa postulation qui a entraîné son licenciement, pas ses handicaps. Pour le Tribunal, il n'y a pas eu d'abus car il aurait pu être viré sur-le-champ et son engagement considéré comme nul.

Ses déficiences ne sont pas anodines dans l'exercice d'une fonction de sécurité: il faut être en excellente condition physique et pouvoir interagir avec ses collègues. Débouté, l'homme devra verser 1000 francs à son ex-employeur de dépens pénaux. 

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