10.02.2020 à 17:08

Vaud

Assurés surveillés par des «méthodes orwelliennes»

La Jeunesse socialiste s'en prend à sa ministre Rebecca Ruiz et au Parti socialiste, qui ont soutenu des mesures pour traquer les fraudeurs à l'aide sociale.

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La droite et certains socialistes ont voté la mesure, mais les Verts s'y sont opposés.

La droite et certains socialistes ont voté la mesure, mais les Verts s'y sont opposés.

Keystone/Laurent Gillieron

La Jeunesse socialiste s'est fendue lundi d'un communiqué de presse qui s'en prend fermement... à la ministre socialiste de la santé Rebecca Ruiz ainsi qu'au groupe socialiste au Grand Conseil. Les raisons de leur colère: certains des députés PS ont voté une mesure, défendue par la conseillère d'Etat, qui doit permettre de surveiller les bénéficiaires de l'aide sociale grâce à des «instruments techniques», comme des GPS, en dernier recours et sous condition qu'un juge l'autorise.

Pour la jeunesse du parti, «une telle mesure est absolument inacceptable et reflète les dérives de la base légale pour la surveillance des assurés», qui avait été acceptée par le peuple en 2018. Au delà de son introduction, le parti dénonce, dans ses propres rangs, ceux qui ont l'ont soutenue. A commencer par Rebecca Ruiz. «Il s'agit d'un excès de zèle de la part d'une conseillère d'Etat socialiste qui avait milité contre ladite base légale dans les médias», écrit-il.

A contre-courant des valeurs du parti

La principale intéressée s'était défendue dans «24 heures». Elle dit que, à l'époque, elle ne s'opposait pas à la surveillance des assurés, mais à ce que celle-ci soit faite «par des détectives privés et que certaines puissent se faire n'importe où, sans autorisation judiciaire», avait-elle dit à nos confrères du quotidien vaudois.

Les jeunes socialistes égratignent aussi les députés PS qui ont fini par voter pour la mesure, alors qu'ils s'y étaient dans un premier temps opposés, sur proposition du PDC Axel Marion. «Cette décision s'éloigne, voire va à contre-courant des valeurs socialistes que nous souhaitons défendre, comme le soutien et la reconnaissance des personnes les plus précarisées», dit le parti, qui demande au groupe du Grand Conseil de revoir sa position et de faire en sorte que la mesure ne soit pas introduite.

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