Actualisé 21.05.2017 à 11:45

GrèceAthènes réclame un allègement de sa dette

Les autorités grecques ont interpellé dimanche l'Union européenne et le FMI, à la veille d'une réunion sur la zone euro.

Le pays a adopté un nouveau plan d'austérité jeudi.

Le pays a adopté un nouveau plan d'austérité jeudi.

Keystone/EPA

La Grèce a demandé dimanche à ses créanciers, l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI), d'adopter les mesures d'allègement de sa dette. Athènes a rempli ses obligations, avec son nouveau plan d'austérité.

Cet appel intervient à la veille d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles. La Grèce y espère le déblocage d'une prochaine tranche de prêts. Elle souhaite surtout des engagements clairs sur les mesures facilitant le remboursement de son énorme dette publique (179% de son produit intérieur brut, PIB).

« En adoptant de nouvelles mesures au Parlement, notre pays a totalement rempli ses obligations. Et il l'a fait à temps», a déclaré le ministre grec des finances, Euclide Tsakalotos, dans un communiqué cité par l'agence de presse grecque Ana. «Il n'y a plus d'excuses pour tergiverser encore sur la question de l'allègement de la dette», a-t-il ajouté.

Près de 5 milliards d'économies

Le Parlement grec a adopté jeudi de nouvelles mesures d'austérité, totalisant 4,9 milliards d'euros (5,34 milliards de francs) d'économies. Cette cure d'amaigrissement est réclamée par les créanciers de la Grèce pour débloquer une tranche de 7 milliards de prêts internationaux qui serviront notamment à rembourser quatre milliards à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 juillet et deux milliards à des investisseurs privés.

«Les décisions sont désormais entre les mains des institutions pour permettre notre accès au QE (quantitative easing, le programme de rachat de dettes de la BCE) et notre retour sur le marché obligataire», a poursuivi Euclide Tsakalotos.

Résistance allemande

Les appels du premier ministre, Alexis Tsipras, à un allègement de la dette se heurtent à une ferme résistance de l'Allemagne qui se prépare à des élections générales en septembre. Le FMI plaide au contraire pour un tel allégement.

Selon des sources proches du dossier, le FMI et les pays de la zone euro s'approcheraient d'un compromis. Cette conciliation permettrait de parvenir à un accord global permettant à la Grèce de revenir sur le marché obligataire en 2018. Le commissaire européen aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, s'est, par ailleurs, déclaré dimanche confiant sur la perspective d'un accord entre Athènes et ses créanciers lors de l'Eurogroupe de lundi. «Nous sommes très près d'un accord global», a-t-il souligné sur les ondes de la radio France inter.

«Athènes a pris ses responsabilités»

Un accord portant «à la fois sur le programme, sur des mesures de croissance et d'emploi pour la Grèce ainsi que sur la dette» pourrait être, selon lui, conclu dès lundi ou à défaut «dans les prochaines semaines». «Athènes a pris ses responsabilités», a-t-il dit en mettant en avant les nouvelles réformes (baisse des pensions de retraite et hausses d'impôts) adoptées jeudi par le Parlement grec.

«Je souhaite maintenant que les partenaires de la Grèce que nous sommes prennent aussi leurs responsabilités», a indiqué le commissaire européen. Il a précisé qu'il n'y aurait pas d'effacement de la dette grecque. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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