Actualisé 22.06.2015 à 10:17

IndonésieAtlaoui ne sera pas exécuté durant le ramadan

Condamné à mort en 2007 pour trafic de drogue, le Français s'est à nouveau vu refuser une grâce par la justice indonésienne. Ses avocates ne baissent pas les bras.

Il s'agissait de la dernière chance judiciaire pour le Français.

Il s'agissait de la dernière chance judiciaire pour le Français.

La justice indonésienne a rejeté lundi le dernier recours en grâce du Français Serge Atlaoui contre sa condamnation à mort pour trafic de stupéfiants. Son avocate a promis de continuer à explorer toutes les voies juridiques pour sauver son client de la peine capitale. Serge Atlaoui devait être exécuté fin avril en compagnie de huit autres personnes, dont sept étrangers, mais un sursis lui avait été accordé in extremis.

Peu après l'annonce de cette décision, le procureur du tribunal de Jakarta a déclaré que le Français ne serait pas exécuté durant le mois du ramadan, en cours.

Le parquet a déclaré que ce recours en grâce était bien la dernière voie de recours à disposition du Français, tout en indiquant que de nouvelles exécutions n'étaient pas prévues dans l'immédiat. «Nous sommes déçus par cette décision, mais nous allons trouver d'autres voies de recours», a déclaré l'avocate Nancy Yuliana, sans être en mesure de préciser quelle serait la prochaine initiative.

De son côté, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Harlem Désir, a déclaré à la chaîne de télévision publique France 2 que «la mobilisation de la diplomatie française était totale pour sauver Serge Atlaoui». Il a réaffirmé la «détermination» de Paris «contre la peine de mort partout dans le monde».

Incarcéré depuis dix ans, Serge Atlaoui, 51 ans, clame son innocence. Il est venu en Indonésie en 2005 pour un chantier, selon son avocat. Soudeur de profession, il affirme qu'il n'a fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique. Elle abritait en réalité un laboratoire clandestin d'ecstasy.

Efforts diplomatiques

Le citoyen français contestait le refus du président indonésien de lui accorder une grâce après sa condamnation à mort en 2007 pour trafic de drogue. «Nous rejetons le recours du demandeur», a déclaré le président de la juridiction, Ujang Abdullah, confirmant la décision prise en première instance le 9 avril et ainsi le refus d'examiner cette affaire sur le fond.

Dans le cadre des efforts diplomatiques de la France, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait écrit en avril à son homologue indonésienne. Il déplorait de «graves dysfonctionnements de la justice indonésienne» dans l'affaire Atlaoui.

L'exécution des ressortissants étrangers, dont deux Australiens et un Brésilien, a provoqué des condamnations internationales contre le président indonésien Joko Widodo. A son arrivée au pouvoir en octobre 2014, il a mis en oeuvre une politique radicale contre le trafic de drogue. Depuis plus d'un mois, la question de nouvelles exécutions n'est plus abordée.

(20 minutes/ats/afp)

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