Tanzanie: Attaque d'un enfant albinos: sept arrestations
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TanzanieAttaque d'un enfant albinos: sept arrestations

La police a arrêté sept suspects dans l'enquête sur l'agression d'un enfant albinos de 6 ans dont une main a été coupée à la machette le week-end dernier.

Le petit garçon attaqué samedi soir, Baraka Cosmas, dormait avec sa mère dans le village de Kipenda, dans la région de Rukwa, dans le sud-ouest du pays, quand les assaillants ont surgi chez eux. «Nous avons déjà arrêté sept suspects dans le cadre de l'enquête. Les investigations se poursuivent», a indiqué mardi sur la télévision gouvernementale (TBC1) le chef-adjoint de la police régionale, Leons Rwegasira. L'enfant et sa mère sont actuellement hospitalisés.

En Tanzanie, les albinos sont la cible de régulières attaques, victimes de croyances attribuant des vertus magiques à leurs organes. Les agressions sont en hausse à l'approche d'élections prévues en octobre, les hommes politiques pensant que ces organes, utilisés par des sorciers et des guérisseurs et vendus autour de 600 dollars, leur porteront chance.

Consanguinité en cause?

Le 2 mars, le président tanzanien Jakaya Kikwete avait promis de «prendre toutes les mesures» pour faire cesser ces attaques. Il avait alors parlé d'actes «inacceptables» qui «sont une honte pour des gens civilisés et qui croient en Dieu». Dans la foulée, un tribunal du nord de la Tanzanie avait condamné à la peine de mort quatre personnes reconnues coupables du meurtre d'une albinos.

Selon un expert de l'ONU, plus de 70 albinos ont été tués depuis 2000 en Tanzanie. L'albinisme est une absence totale de pigmentation dans la peau, le système pileux et l'iris des yeux, due à des facteurs génétiques. Alors que cette maladie génétique héréditaire ne frappe qu'un Occidental sur 20'000, un Tanzanien sur 1400 en est atteint, en raison notamment des mariages consanguins, selon des experts.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a appelé mardi à lutter contre l'impunité après la hausse récente des attaques contre des albinos en Afrique de l'Est. (afp)

L'ONU dénonce une série d'atrocités

Au cours des six derniers mois, au moins 15 personnes atteintes d«albinisme ont été enlevées, blessées ou tuées en Afrique de l'Est. Trois incidents ont eu lieu au cours de la semaine dernière. Le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a exprimé mardi à Genève son indignation. «Ces attaques sont souvent extrêmement vicieuses, les enfants étant plus particulièrement pris pour cible», a affirmé le Haut Commissaire Zeid Ra«ad Al Hussein. «Par conséquent, de nombreuses personnes atteintes d'albinisme vivent dans la terreur. Certaines n'osent plus s'aventurer à l'extérieur et les enfants atteints d'albinisme ont arrêté d'aller à l'école», a-t-il déploré.

Rien qu'au Malawi, au moins six incidents ont été rapportés au cours des dix premières semaines de l'année, alors que quatre incidents avaient été enregistrés au cours des deux années précédentes. A Machinga, district dans le sud du pays et où ont eu lieu plusieurs enlèvements et meurtres, des groupes d«hommes rôderaient à la recherche de personnes atteintes d'albinisme.

Dans la nuit du 3 au 4 mars, une jeune fille de 14 ans a été enlevée par deux hommes dans le village de Kalombo, dans le district de Machinga, mais est parvenue à s'échapper. La nuit suivante, un petit garçon de deux ans du nom de Chakupatsa Stanely aurait aussi été kidnappé dans un autre village de Machinga nommé Murukhu.

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