Syrie: Attaque d'une chaîne TV: le bilan s'allourdit
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SyrieAttaque d'une chaîne TV: le bilan s'allourdit

On dénombre 7 morts dans l'attaque des locaux d'une chaîne de télévision privée. Cette dernière est considérée par l'opposition comme un relais du pouvoir syrien.

Des hommes armés ont fait un raid mercredi matin au siège d'une chaîne de télévision syrienne pro-gouvernementale, tuant sept employés, en enlevant d'autres et démolissant les locaux, ont annoncé les autorités. Elles ont dénoncé un «massacre contre la liberté de la presse», le présentant comme un exemple des atrocités commises par les rebelles. Les rebelles nient toutefois vouloir s'en prendre aux médias.

«Les terroristes ont placé des engins explosifs au siège d'al Ikhbaria après avoir saccagé les studios de la chaîne par satellite et avoir entièrement détruit la salle de rédaction», rapporte la télévision.

L'attaque contre la chaîne de télévision Ikhbariya a eu lieu dans la ville de Drousha, située à 20 kilomètres au sud de Damas. Quelques heures après, la chaîne continuait à diffuser ses programmes.

Porte-voix du gouvernement

Bien que privée, al Ikhbaria est considérée par l'opposition syrienne comme un porte-voix du gouvernement syrien. Depuis le début de l'insurrection en Syrie, elle a notamment dénoncé la campagne de désinformation menée, selon elle, par les Occidentaux et les chaînes arabes par satellite à propos du soulèvement populaire contre Bachar al Assad.

Reprenant la terminologie officielle, elle décrit régulièrement la rébellion comme une conspiration terroriste soutenue par des puissances étrangères.

Réaction du gouvernement

«Ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est un massacre, un massacre contre la liberté de la presse», a affirmé Omran al-Zoebi à la télévision publique syrienne. «Ils ont perpétué un massacre effroyable en exécutant les employés», a-t-il ajouté.

Les violences ont pris les contours d'une insurrection

Des violations massives des droits de l'homme ont lieu en Syrie dans le contexte d'affrontements toujours plus militarisés, a affirmé mercredi à Genève la commission d'enquête internationale. Les hostilités ont pris clairement les contours d'une insurrection.

«En raison d'un afflux d'armes et de munitions, tant aux forces gouvernementales qu'aux groupes armés de l'opposition, la situation risque encore de s'aggraver ces prochains mois», affirment les experts de la commission d'enquête internationale dans un rapport de 21 pages présenté au Conseil des droits de l'homme.

Le document dénonce «l'escalade des affrontements militaires» ces dernières semaines et leur «extension à d'autres régions à des niveaux de violence sans précédent». «La situation sur le terrain se détériore dangereusement et rapidement», avertissent les experts, en évoquant des conséquences «catastrophiques» pour le peuple syrien et la région.

Violations dans les deux camps

La commission d'enquête, présidée par Paulo Pinheiro, a documenté des exécutions sommaires, arrestations arbitraires, détentions et tortures et d'autres mauvais traitements comme des violences sexuelles commis par les forces gouvernementales. Les enfants sont particulièrement touchés par la poursuite des violences, selon son rapport.

La commission déclare aussi avoir des raisons de croire que les groupes armés de l'opposition ont exécuté sommairement des membres des forces gouvernementales, des milices et des collaborateurs des autorités de Damas. Ces groupes se sont aussi livrés à des actes de tortures et à des enlèvements. (ats/afp)

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