Actualisé 03.12.2014 à 18:21

Puplinge (GE)

Attaque de la Raiffeisen: deal et jeu en toile de fond

L'un des braqueurs de la banque est jugé par le Tribunal criminel. Le «milieu» haut-savoyard d'Annemasse est impliqué.

de
Jérôme Faas
Les braqueurs ont agi au centre du petit village de Puplinge, peu avant la fermeture de la banque Raiffeisen, à 18 heures.

Les braqueurs ont agi au centre du petit village de Puplinge, peu avant la fermeture de la banque Raiffeisen, à 18 heures.

C'est dans un bar français, vers la douane de Moillesulaz, qu'a été conçu le violent «braquo» de la Raiffeisen de Puplinge, en janvier 2012. Un des trois auteurs, poursuivi pour tentative d'assassinats, l'a relaté aux juges ce mardi. Qui sont ses complices et le commanditaire? Mystère. Le prévenu se tait: sa famille serait menacée. «Des gens sont venus chez moi, parler à ma femme...»

A l'origine de sa participation, le trafic de shit, avance-t-il. Depuis 2009, cet addict au jeu deale. En juin 2011, une transaction de trois kilos (8000-9000 euros, estime le procureur) le met «dans le trou»: l'acheteur ne paie pas. C'est l'engrenage: il tente de se refaire au casino, gagne un peu, perd beaucoup, ne rembourse pas le grossiste, etc. «Si tu n'arrives pas à payer, tu devras faire un truc pour moi», lui aurait dit ce dernier, qui habiterait la région. Pour solder cette dette évaluée à 10'000 euros et éviter les représailles promises, il aurait accepté le coup. «On m'a dit qu'il n'y aurait pas ni blessés, ni séquestrés.» Il y aura des employées traumatisées, sanglotant ce mardi à l'évocation de l'attaque.

Le prévenu, trahi par son ADN, risque plus de dix ans de prison. Le chauffeur, proche du «parrain», serait encore dans les parages. Le tireur, lui, «ne vient pas d'ici». Rien ne permet de les confondre. Et le «milieu» annemassien, une centaine d'individus selon le procureur, est trop vaste pour viser juste sans indices. Le procès se poursuit ce mercredi.

Trois coups de fusil à pompe

L'assaut a été violent. Le 17 janvier 2012, deux hommes surgissent dans l'agence. L'un tire, au fusil à pompe et sans sommation, sur la vitre du guichet pour la desceller. Derrière se trouve la caissière. Il fera feu deux fois de plus à travers la porte d'une pièce où se terrent quatre employées. Aucune collaboratrice ne sera blessée. Son complice, le prévenu, franchit pendant ce temps le comptoir et rafle 133'000 fr. Ils fuient ensuite avec le chauffeur resté dehors. Leur voiture est en panne, ils en braquent une autre, menaçant son conducteur. L'accusé, français, a été arrêté à Vevey en mai 2012.

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