Procès à Muttenz (BL) – Attaquées par un chien, une fillette et sa tante réclament 50’000 francs

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Procès à Muttenz (BL)Attaquées par un chien, une fillette et sa tante réclament 50’000 francs

Une femme a comparu mardi devant la justice pour avoir demandé à une amie de s’occuper de son berger allemand, qu’elle savait pourtant anxieux. L’animal avait grièvement blessé une adulte et une enfant. Leur avocat a demandé pour elles une forte indemnisation.

par
Jeanne Dutoit/ofu
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Un banal service demandé à une amie a tourné à la catastrophe, en juin 2019, à Tenniken (BL). La mission était toute simple: faire sortir un berger allemand de sa cage de transport afin qu’il puisse aller faire ses besoins dans le jardin. La propriétaire de l’animal, qui a comparu mardi devant le Tribunal pénal de Muttenz (BL), ne pouvait pas le faire elle-même, puisqu’elle devait se rendre ce jour-là à un concours avec sa fille.

Or, les choses ne s’étaient pas déroulées comme prévu. La copine de l’accusée, âgée de 37 ans, s’est rendue vers midi au domicile de son amie pour faire sortir le chien. Elle était accompagnée de sa nièce, âgée de 4 ans. Soudainement, pour une raison inexpliquée, le berger allemand s’est retourné et a mordu l’enfant aux fesses.

Selon le Ministère public, la femelle était totalement incontrôlable. La trentenaire avait tenté en vain d’éloigner l’animal de sa nièce. Réalisant qu’elle ne le maîtrisait plus, elle s’était finalement jetée sur la fillette pour la protéger. Surprise: la chienne avait lâché sa petite victime et s’en était prise à sa tante, la mordant au bras et à la jambe à plusieurs reprises. Une voisine ayant entendu les cris était venue au secours de la trentenaire et de sa nièce, empoignant le berger allemand par son collier et le remettant dans sa cage. Interrogée à l’époque par «20 Minuten», la voisine avait affirmé: «C’était un cauchemar, il y avait du sang partout.»

Chienne remise au vétérinaire cantonal

L’Alémanique de 37 ans avait été héliportée à l’hôpital avec de graves blessures. Elle avait perdu beaucoup de sang et ses jours étaient en danger. Une opération d’urgence lui avait sauvé la vie. La fillette, elle, avait également été hospitalisée pour soigner la dizaine de morsures qu’elle avait subies. La chienne avait quant à elle été saisie par la police juste après l’attaque et confiée au vétérinaire cantonal.

La propriétaire du chien ne s’est jamais excusée auprès de son amie, qui a dit se sentir mal, tant physiquement que moralement, depuis les faits.

Le Ministère public reproche à la propriétaire d’avoir demandé à quelqu’un n’ayant aucune expérience des chiens de s’occuper de son animal, tout en sachant qu’il était plutôt anxieux. Selon l’accusation, elle connaissait les faiblesses de sa chienne, raison pour laquelle elle avait l’habitude de toujours la tenir éloignée lorsqu’elle accueillait du monde chez elle. La propriétaire est accusée de lésions corporelles graves par négligence et de violation de la loi sur la protection des animaux, notamment pour avoir enfermé sa chienne dans sa cage de transport durant plusieurs heures lorsqu’elle était absente ou que l’animal se comportait agressivement.

50’000 francs d’indemnités

La procureure a réclamé une peine de 10 mois de prison avec sursis, assortie d’une amende de 500 francs, estimant que la chienne a été mal éduquée. L’avocat de la victime a en outre réclamé une indemnité pour tort moral de 30’000 francs pour sa cliente et de 20’000 francs pour sa nièce.

L’avocat de la prévenue a plaidé l’acquittement. L’attaque par morsure est un «accident tragique, mais pas un cas criminel.» L’élément déclencheur de l’attaque reste un mystère, a déclaré l’avocat de la défense dans sa plaidoirie.

Le verdict est attendu jeudi.

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