Egypte: Attentat à la bombe dans une église au Caire
Actualisé

EgypteAttentat à la bombe dans une église au Caire

L'attaque non revendiquée a provoqué la mort d'au moins 23 personnes, selon les autorités. Trois jours de deuil national ont été décrétés.

Images sur Twitter des lieux du drame.

Images sur Twitter des lieux du drame.

Un attentat à la bombe a tué au moins 23 personnes dimanche en pleine célébration dans une église copte orthodoxe au Caire. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière contre cette minorité religieuse depuis des années.

L'attentat a également fait 49 blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé qui avait auparavant fait état de 25 morts et 31 blessés. L'attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

«Je quittais l'église lorsque j'ai entendu une énorme explosion. Il y avait beaucoup de fumée et des gens ont commencé à courir et à crier. Les ambulances ont commencé à arriver, et ils ont sorti des morceaux de corps. Le sol était couvert de sang, il y avait des morceaux de vitres cassés partout», a raconté Jackline Abdel Shahid.

Douze kilos de TNT

La communauté copte égyptienne n'avait pas connu d'attentat aussi meurtrier depuis l'explosion d'une voiture piégée à Alexandrie le 1er janvier 2011, qui avait fait 23 morts et 79 blessés à la sortie d'une église.

Dimanche, l'explosion a eu lieu en milieu de matinée à l'intérieur de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, contiguë à la cathédrale copte Saint-Marc, siège du pape de l'Eglise copte Tawadros II. Elle a été entendue dans tout le quartier. La plupart des victimes étaient des femmes et au moins 31 personnes ont été blessées, selon le ministère de la Santé.

Selon une source de la sécurité, la bombe était constituée d'environ 12 kg de TNT. A l'intérieur de l'église, des chaussures et d'autres effets personnels étaient éparpillés au sol, tandis que l'odeur du sang était toujours prégnante quelques heures après l'attentat.

Colère

A l'extérieur de l'édifice, un périmètre de sécurité a été installé par la police tandis qu'une vingtaine de personnes scandaient des slogans contre le terrorisme.

Gebrail Ebeid, qui se rendait à l'église lorsque la bombe a explosé, s'interrogeait, visiblement en colère: «Comment est-ce que ça peut arriver? Qu'est-ce que j'ai fait pour cela arrive au moment où je me rends à l'église? Où étaient les forces de sécurité? Ils occupent la rue maintenant, mais c'est trop tard».

Aucune revendication n'a été rendue publique mais sur les réseaux sociaux, l'annonce de l'attaque a déclenché la liesse de sympathisants du groupe Etat islamique (EI). Sur place, les autorités ont saisi les caméras de sécurité de l'église, selon des responsables policiers sous couvert d'anonymat.

Trois jours de deuil national

Dans un communiqué, l'Eglise copte a rappelé «l'unité nationale qui unit les Egyptiens sur la terre bénie d'Egypte». Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a condamné l'attentat qu'il a qualifié de «lâche» et a déclaré trois jours de deuil national à compter de dimanche. Cet attentat «vise la nation avec ses chrétiens et ses musulmans», a-t-il réagi.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné cette attaqué. Il a appelé dimanche les autorités égyptiennes à «unir nos forces et lutter ensemble contre le terrorisme».

Selon les médias israéliens, les deux pays coopèrent dans la lutte contre les groupes djihadistes qui combattent contre l'armée égyptienne dans la péninsule Sinaï. Israël a notamment donné son vert à l'utilisation par l'armée égyptienne de chars, d'avions et d'unités d'infanterie contre ces groupes dans le secteur du Sinaï démilitarisé aux termes de l'accord de paix signé en 1979.

Les Coptes orthodoxes d'Egypte constituent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l'une des plus anciennes. Les membres de la communauté ont fait l'objet de diverses attaques par le passé. Le 8 mars 2011, treize personnes avaient été tuées lors d'affrontements entre musulmans et coptes dans le quartier déshérité de Moqattam au Caire, lors d'un rassemblement.

Deux mois plus tard, de nouveaux affrontements avaient fait douze morts et plus de 200 blessés toujours au Caire. Faiblement représentés au gouvernement, les coptes s'estiment tenus à l'écart de nombreux postes de la justice, des universités ou encore de la police.

(nxp/ats/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion