Attentat au Liban: vives condamnations après l'assassinat de Ghanem
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Attentat au Liban: vives condamnations après l'assassinat de Ghanem

Beyrouth - De nombreuses voix, dont la Syrie, ont condamné l'attentat qui a fait mercredi cinq morts dans la banlieue chrétienne de Beyrouth.

La presse libanaise insistait jeudi sur les liens entre l'assassinat du député antisyrien Antoine Ghanem et la présidentielle.

Un porte-parole de la police a indiqué à l'AFP que cinq personnes, dont M. Ghanem, avaient été tuées et 71 blessées dans l'attentat à la voiture piégée. Un précédent bilan faisait état de six tués et une cinquantaine de blessés.

«La charge de 20 kg de TNT disposée dans une Mercedes portant une plaque d'immatriculation falsifiée, a été activée par télécommande», a précisé le porte-parole.

A New York, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit «choqué par l'assassinat brutal du député Antoine Ghanem». Il a condamné «dans les termes les plus fermes cet attentat», qui «vise à menacer la stabilité du Liban».

«Lâche»

M. Ban a appelé «tous les Libanais à faire preuve du plus grand calme en ce moment critique et à permettre aux procédures judiciaires de poursuivre leur cours». Le Conseil de sécurité de l'ONU a lui aussi condamné l'attentat par la voix de son président, l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert.

Le président américain George W. Bush a «condamné vigoureusement l'assassinat ignoble» du député. «Les Etats-Unis s'opposent à toute tentative destinée à intimider les Libanais au moment où ils entendent exercer leur droit démocratique à choisir leur président en dehors de toute ingérence étrangère», a-t-il dit. Il a mis en cause la Syrie et l'Iran.

«Message sanglant» évoqué

La Commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner et le président français Nicolas Sarkozy ont eux aussi condamné l'attaque. La Syrie a elle dénoncé «fermement» l'attentat et évoqué un «acte criminel» contre l'»unité» du Liban.

La presse libanaise estimait elle jeudi que l'assassinat de M. Ghanem vise à torpiller l'élection présidentielle prévue à partir du 25 septembre. «Antoine Ghanem, un message sanglant pour la majorité et l'élection présidentielle», affirmait en «Une» le quotidien libéral «An-Nahar».

Selon le journal, l'assassinat de Ghanem «vise à réduire le nombre des députés de la majorité et faire échouer l'élection présidentielle à six jours de sa tenue».

«Réconciliation» assassinée

«Il y a aussi des craintes que cet assassinat vise à saboter l'initiative du président du Parlement (et un des chefs de l'opposition) Nabih Berri qui devait rencontrer vendredi le patriarche maronite Nasrallah Sfeir», ajoute le journal.

M. Berri a annoncé le 31 août que l'opposition, soutenue par Damas et Téhéran, était prête à renoncer à sa demande de gouvernement d'union nationale si l'ensemble des parties libanaises, notamment la majorité, se mettaient d'accord sur le nom d'un candidat à la présidentielle qui doit être élu par les députés.

Le quotidien «Al-Moustaqbal», propriété de la famille du chef de la majorité Saad Hariri, indiquait que l'assassinat de M. Ghanem était «une réponse rapide du régime syrien et de ses services de renseignements à l'appel des évêques maronites» qui ont exhorté mercredi les députés à se rendre à la convocation à l'élection présidentielle le 25 septembre.

«Antoine Ghanem martyr: l'assassinat de la réconciliation à travers la présidentielle», titrait de son côté le quotidien de gauche «As-Safir». Pour le quotidien d'opposition «Al-Akhbar», «l'assassinat menace la réconciliation et ouvre la voie au chaos».

SDA/ATS

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