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ItalieAttentat dans un commissariat de police

Deux bidons d'essence positionnés devant des locaux de carabiniers ont explosé dans la nuit de samedi à dimanche, dans la banlieue de Bologne.

par
dro

L'explosion a été spectaculaire. Dans la nuit de samedi à dimanche, aux alentours de 4h, des individus ont déposé deux bidons remplis d'essence devant un commissariat avant de les faire exploser. Les médias italiens, dont «Il Corriere della Sera», il y aurait d'importants dégâts matériels mais aucun blessé à déplorer.

Selon TGcom24, le mode opératoire fait penser à celui d'un groupe anarchiste qui sévit en Italie, alors que dimanche après-midi, le Premier ministre Matteo Renzi est attendu précisément à Bologne pour une rencontre en vue du référendum du 4 décembre prochain.

L'Italie affronte ce référendum sur la réforme constitutionnelle, qui vise à simplifier le système politique et à donner davantage de gouvernabilité au pays. Une réforme supposée accorder davantage de stabilité politique dans un pays qui a connu 60 gouvernements depuis 1946.

Les jeunes sont contre

«En quoi cela va-t-il changer nos vies ?», s'interroge une jeune de 20 ans, qui votera pour la première fois et dira non à cette réforme portée par Matteo Renzi, le bouillonnant chef du gouvernement.

En période d'essai comme serveuse un bar du centre de Naples, cette jeune femme voudrait «plus de sécurité en matière d'emploi pour les jeunes» et doute que la réduction du nombre de sénateurs, une mesure-phare de la réforme, «puisse vraiment changer les choses».

«Beaucoup d'écoeurement»

Le fatalisme l'emporte aussi pour Federica, 25 ans, qui se demande même si elle ira voter: «Je ne sais pas encore, je me prononcerai sans doute au dernier moment, en me renseignant sur cette réforme qui me semble trop compliquée et pas faite pour nous». Employée en CDI dans une cafétéria, elle se dit privilégiée dans un pays où elle perçoit «beaucoup d'écoeurement».

Tout juste quadragénaire, Matteo Renzi peine en effet à convaincre la jeunesse italienne du bien-fondé de sa réforme, lui qui pourtant répète à longueur de meetings que voter oui revient à dire «oui à la modernité».

Tous les moyens sont bons

«Renzi a eu le tort, dès le départ, de personnaliser ce scrutin, en disant qu'il démissionnerait en cas de victoire du non», explique Elena, étudiante en Lettres classiques à l'université. Depuis, Renzi a reconnu à plusieurs reprises avoir commis «une erreur en personnalisant» ce vote, expliquant avoir voulu donner de la sorte «un message de sérieux et de responsabilité».

Mais Elena ne décolère pas. «Renzi concentre sur lui tout le mécontentement du pays, y compris celui des jeunes», explique la jeune femme de 21 ans qui, elle aussi, ira voter non, comme Paula Saulino, cette actrice italienne qui a récemment fait le buzz en promettant des fellations à tous ceux qui feront comme elle. (dro/afp)

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