Attentat double en Algérie: 13 morts
Actualisé

Attentat double en Algérie: 13 morts

Deux bombes ont explosé dimanche dans une gare ferroviaire en Kabylie, à 60km à l'est d'Alger, faisant 13 morts, dont un ingénieur français, et un nombre indéterminé de blessés.

A Paris, la présidence de la République a confirmé le décès d'un ingénieur français dans cet attentat. Toutes les autres victimes sont algériennes: il s'agit de huit membres des forces de sécurité, de trois agents de la protection civile et du chauffeur algérien du ressortissant français, a précisé une source sécuritaire algérienne.

L'attentat a eu lieu dans la gare de Beni Amrane, près de la ville de Lakhdaria, dans le département de Boumerdès, dans le sud de la Kabylie.

Le ressortissant français décédé travaillait pour l'entreprise franco-algérienne Ghazal, chargée de la remise en état de la voie ferrée.

La première bombe, actionnée à distance par une télécommande, a explosé vers 17h15 heure locale (16h15 GMT) alors que le Français et son chauffeur quittaient le chantier de la gare, à bord de leur véhicule. Le chauffeur a lui aussi été tué dans cette première explosion.

La seconde bombe, actionnée elle aussi à distance, a explosé cinq minutes plus tard, au moment de l'arrivée des secours et des forces de sécurité, a précisé cette source sécuritaire. Huit membres des forces de sécurité et trois agents de la protection civile ont été tués dans cette seconde explosion.

Dans un communiqué publié à Paris, le président français Nicolas Sarkozy a «condamné sans appel les violences barbares et aveugles dont le peuple algérien continue de souffrir» et a assuré l'Algérie du «soutien indéfectible» de la France «dans sa lutte déterminée contre le terrorisme». Quant au ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, il a exprimé son «sentiment de révolte» et sa «condamnation absolue face à cette violence terroriste aveugle que rien ne peut justifier».

La localité de Beni Amrane où s'est produit l'attentat de dimanche fait partie du triangle (Boumerdès, Bouira, Tizi-Ouzou) où les groupes armés appartenant à Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) continuent de perpétrer des actes terroristes périodiques en riposte aux opérations de ratissage des forces de sécurité algérienne.

La société Ghazal, qui est chargée de la remise en état de la voie ferrée reliant Alger à l'est algérien, s'est vu également confier le grand projet d'autoroute est-ouest. Le chantier de Beni Amrane consiste notamment à doubler les voies ferrées. La gare restait en activité durant les travaux.

Cet acte de terrorisme a été commis alors que la 41e Foire internationale d'Alger doit être inaugurée lundi par le président algérien Abdelaziz Bouteflika en présence de dirigeants et ministres étrangers tels que le Premier ministre portugais Jose Socrates et la secrétaire d'Etat française chargée du Commerce extérieur Anne-Marie Idrac.

L'Algérie a également abrité vendredi la 15e conférence des ministres des Affaires étrangers des pays méditerranéens, qui a planché sur le projet de l'Union pour la Méditerranée (UPM) dont l'acte de naissance sera signé le 13 juillet prochain à Paris.

L'attentat de dimanche s'inscrit dans un contexte de regain de violence en Algérie. Vendredi, six militaires ont été tués et quatre autres blessés dans la localité de Cap Djinet, à l'est de Boumerdès (70km à l'est d'Alger): le camion à bord duquel ils se trouvaient a sauté sur une bombe dissimulée sous la chaussée.

Mercredi, un kamikaze s'est fait exploser près d'une caserne de la garde républicaine au quartier Les Tamaris, dans la banlieue est d'Alger. Sa bombe a explosé alors qu'il tentait de la déposer sur une esplanade servant de terrasse pour un café populaire. (ap)

Ton opinion