Suisse: Attention à ne pas se brûler les doigts avec les séances de «team building»
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SuisseAttention à ne pas se brûler les doigts avec les séances de «team building»

Mardi, un événement d’entreprise à Zurich tournait au désastre, après qu’une vingtaine de salariés se sont brûlé les pieds en marchant sur des braises.

20min/Michael Scherrer

La sortie de boîte de Goldbach sur la presqu’île d’Au (ZH) se terminait mal mardi soir. Plus de 20 participants (sur 150) se brûlaient en marchant sur un tapis de braises. Treize personnes ont même été transportées à l’hôpital. L’activité est un classique des «stages de motivation», qu’organisent les entreprises pour souder leurs équipes. La presse dominicale ne se prive pas de pointer du doigt ces séminaires aux «ateliers» parfois douteux.

Interviewé par la «SonntagsZeitung», le psychologue du travail Christian Fichter doute des vertus formatrices de tels événements. «Si l’on veut faire avancer une équipe, si l’on veut résoudre des problèmes, alors ils sont totalement inutiles, dit-il. Ils n’apportent rien en tant que mesure de développement personnel.»

Pas de preuve scientifique

Selon lui, les sorties peuvent être l’occasion de passer un bon moment, mais ne changent pas la situation de l’équipe. Elles peuvent paraître forcées et seraient souvent organisées pour montrer qu’on a fait «quelque chose». «Mais je ne connais pas une seule étude qui prouve qu’un tel événement a un impact sur le développement personnel ou de l’équipe», souligne-t-il.

Christian Fichter prend l’exemple d’un stage de berger vendu «comme une formation au leadership. Comme si des moutons étaient comparables aux collaborateurs», grince-t-il. Le psychologue estime qu’il suffit en général au patron d’être aimable et de bien traiter ses subalternes pour que l’ambiance au bureau soit bonne.

Attention aux débordements

La «NZZ am Sonntag» tente, elle, la comparaison avec le milieu du trading dans les années 1990, où un climat de fête foraine hardcore pouvait parfois régner. Popularisé par le film «Le Loup de Wall Street», le trader Jordan Belfort en est l’exemple le plus connu. Dans son entreprise, on organisait des lancers de personnes atteintes de nanisme ou des visites de prostituées. «Face à de tels excès, une course au feu semble tout à fait civilisée», relativise donc le journal suisse alémanique, pour qui «en principe» l’activité est sûre.

«Une expérience commune peut avoir du sens à un moment donné pour une équipe», explique Christoph Kohler, du groupe zurichois de ressources humaines Avenir. Mais le consultant met en garde: il ne faut pas que cela engendre du stress. Ainsi, certaines expériences seront plus adaptées que d’autres. Les entreprises devraient organiser des visites à la ferme pour traire des vaches ou des courses de drones, plutôt que des descentes en rappel ou de la spéléologie. En somme: ne pas jouer avec le feu.


(ami)

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