Genève: Attention aux petites têtes roses d'ecstasy surdosées!
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GenèveAttention aux petites têtes roses d'ecstasy surdosées!

De redoutables pilules circulent dans les soirées. Une assoce collabore avec les lieux festifs pour réduire les risques.

par
Marine Guillain
La drogue à l'effigie d'Anonymous a provoqué plusieurs malaises. (Photo: dr

«Trois personnes ont vomi et perdu connaissance après avoir pris cette pilule: il nous a paru important de faire circuler l'info», explique Robina Campbell, programmatrice de PTR, association basée à l'Usine.

A la mi-décembre, le lieu nocturne a placardé des affiches sur ses murs pour mettre les clients en garde contre une petite tête rose d'Anonymous. «Ce sont des consommateurs réguliers qui en ont avalé, preuve que ces ecstasy étaient fortement dosées.»

Les drogues analysées, qui présentent un surdosage (plus de 120 mg de MDMA, principe actif de l'ecstasy), sont recensées sur le site de l'association de prévention Nuit Blanche?. «Il n'y a pas une drogue particulière à la mode, mais la tendance est vraiment aux pilules surdosées», note la coordinatrice, Roxane Morger Mégevand. Certaines en contiennent jusqu'à 250 mg et peuvent provoquer d'importants effets secondaires. La spécialiste précise qu'il n'y a pas de frontière dans le cas des drogues: «Si des produits ont été repérés à Zurich, il est probable qu'ils circulent aussi à Genève ou à Lausanne.»

Le PTR dit faire de la prévention régulièrement, en ciblant certains événements. C'est le cas des soirées electro du week-end qui attirent un jeune public. Nuit Blanche? tient parfois un stand dans l'Usine. Des pailles pour sniffer et des verres d'eau pour s'hydrater sont à dispo, et les collaborateurs renseignent le public sur les risques et les précautions à prendre avec chaque drogue. L'assoce collabore avec une trentaine de lieux et organisateurs d'événements à Genève. Elle se rend souvent au Motel Campo, et sera présente pour la première fois au Village du Soir samedi 4 février.

Tests de drogue à l'étude

Nuit Blanche? a déposé fin 2014 un dossier pour mettre en place un dispositif d'analyse de substances en partenariat avec le service d'addictologie des HUG. Ce projet actuellement étudié par le Canton s'inspire du modèle alémanique de «drug checking», qui n'existe qu'à Berne et Zurich. Les responsables des lieux nocturnes contactés appuient l'idée. La police a saisi 1700 doses d'ecstasy en 2014 et 2850 en 2015.

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