«Ville fantôme» en Belgique – Attraction morbide pour les touristes, un village se rebelle
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«Ville fantôme» en BelgiqueAttraction morbide pour les touristes, un village se rebelle

Une petite cité flamande vidée de ses habitants s’affaire pour reprendre vie, après une victoire en justice acquise en 2019.

Le destin de ce petit village a basculé à la fin des années 90.

Le destin de ce petit village a basculé à la fin des années 90.

AFP

Avec ses rues désertes et ses façades murées, Doel, au nord d’Anvers, est la «ville fantôme» la plus célèbre de Belgique. Mais ses 21 habitants ont aujourd’hui l’espoir de voir leur cité renaître. Il s’agirait d’un spectaculaire revirement pour un lieu qui se vide régulièrement depuis la fin des années 1970, époque où sa population était 60 fois plus importante.

Surtout connue pour héberger une centrale nucléaire, la petite cité flamande a été victime d’un projet d’extension du gigantesque port d’Anvers qui a poussé les habitants à fuir… mais n’a finalement jamais vu le jour. Conséquence: la commune est devenue un terrain de jeu pour les graffeurs, ainsi qu’une sorte d’attraction morbide pour les touristes curieux et les «explorateurs urbains» venant se filmer dans des bâtiments en ruine.

«On peut encore vivre ici et venir s’installer»

La police patrouille régulièrement pour prévenir le vandalisme et empêcher l’installation de squatteurs. Seuls une église et deux cafés rappellent aux visiteurs que le village n’est pas complètement déserté. «Ce n’est pas une ville fantôme… Bien sûr si vous venez ici le dimanche, ou surtout le soir, vous voyez les maisons vides et c’est ça qui suscite ce type de commentaires», explique une habitante, Liese Stuer. «Il est très important que les gens sachent qu’on peut encore vivre ici et venir s’installer», ajoute-t-elle.

Le destin de Doel a dérapé à la fin des années 1990, lorsque les autorités belges ont décidé d’exproprier et de raser plusieurs zones urbanisées autour du port d’Anvers pour construire un nouveau quai à conteneurs. Si la plupart des habitants sont partis, une poignée d’irréductibles est restée et a décidé de contester ce projet devant les tribunaux, tout en promouvant le street-art pour égayer les maisons vides.

Nouveaux habitants et rénovation

Après une série de rebondissements en justice, la victoire est acquise en 2019 quand le gouvernement régional flamand confirme que le village pourra être conservé. Sur la forme que prendra la résurrection du lieu, les discussions se poursuivent entre autorités et habitants.

En décembre, la commune a présenté un plan visant à accueillir progressivement de nouveaux habitants et à rénover un vieux bateau échoué, tout en construisant un nouveau quai pour les besoins du trafic portuaire.

«Nous savons que le village ne disparaîtra pas… Il a effectivement l’image d’une ville fantôme, mais il ne doit pas l’être», assure Matthias Diependaele, ministre flamand chargé des Finances et du Patrimoine immobilier. Le gouvernement flamand est aujourd’hui propriétaire de toutes les maisons sauf une. «La chose la plus difficile est que nous savons pertinemment que juste à côté, il y aura une activité portuaire 24 heures sur 24 et sept jours sur sept», ajoute-t-il.

(AFP)

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